Le prix du pétrole pique du nez sur les marchés mondiaux, sur fond de morosité économique. Ce qui ne fait pas l'affaire de l'Iran et de la Russie.

Source: Pascale Boyen du Courrier International

undefinedLes cours de l'or noir ont de nouveau chuté hier. Cette baisse brutale s’explique, entre autre, par la publication du rapport mensuel de l’Agence internationale de l’énergie, qui prévoit un ralentissement de l’augmentation de la demande mondiale, explique The Wall Street Journal. Selon l’agence, la consommation ne progressera cette année "que" de 700'000 barils par jour, soit 22 % de moins qu’elle ne l’estimait précédemment.

Offre pléthorique

De manière plus générale, analyse le Financial Times, plusieurs facteurs contribuent ces derniers mois à la baisse des prix. D’un côté, la mollesse de l’économie mondiale – notamment celles de l’Asie et de l’Europe –, qui pèse sur la demande, et de l’autre côté, une offre pléthorique. D’abord, parce que le boom de la production du pétrole et du gaz de schiste ne faiblit pas aux Etats-Unis. Ensuite, parce que la zizanie règne au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).

L’Arabie Saoudite, membre le plus important du cartel, a déjà prévenu qu'elle s’opposerait à toute volonté de réduire la production – quitte à s’accommoder pendant un certain temps de la faiblesse des cours.

Guerre du pétrole

Thomas Friedman, éditorialiste au New York Times, replace cette attitude dans un contexte géopolitique plus large. "Est-ce le fruit de mon imagination où une guerre mondiale du pétrole est-elle en train d’opposer les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite, d’une part, à la Russie et à l’Iran d’autre part ?" s’interroge le journaliste, en rappelant qu’une "guerre par procuration" oppose déjà ces deux ensembles de pays en Syrie.

Selon ce scénario, "Washington et Riyad s’efforceraient de faire baisser les cours du pétrole jusqu’à un niveau qui ne permettrait plus à Moscou et à Téhéran de financer leur budget."...