L'école organise en collaboration avec la compagnie du Rossignol (compagnierossignol.ch), un conte musical - joué par des solistes de l'Orchestre de la Suisse Romande - sur le thème en titre.

"Lecteur inoccupé, tu me croiras bien, sans exiger de serment, si je te dis que je voudrais que ce livre, comme enfant de mon intelligence, fût le plus beau, le plus élégant et le plus spirituel qui se pût imaginer; mais, hélas! je n’ai pu contrevenir aux lois de la nature, qui veut que chaque être engendre son semblable. Ainsi, que pouvait engendrer un esprit stérile et mal cultivé comme le mien, sinon l’histoire d’un fils sec, maigre, rabougri, fantasque, plein de pensées étranges ...", prologue (lien) qui résonne assez bien en chacun et chacune (1).

Le texte présenté durant sur 50 minutes par Joan Mompart, sur une musique de Gustavo Diaz-Jerez (bio), jouée par sept musiciens (violon, trompette, trombone, percussion, contrebasse, hautbois et clarinette) et dirigé par le maestro Antoine Marguier (bio) permet, le temps d'une période de sortir du cadre rigide de la classe.

Pour mémoire, l'histoire de l'Ingénieux Noble Don Quichotte de la Manche (titre original en espagnol El Ingenioso Hidalgo Don Quixote de la Mancha) est un roman écrit par Miguel de Cervantes et publié à Madrid en deux parties, en 1605 et 1615.

À la fois roman médiéval - de chevalerie - et de l'époque moderne alors naissante, le livre est une parodie des mœurs médiévales et de l'idéal chevaleresque et une critique des structures sociales d'une société espagnole rigide et vécue comme absurde. Don Quichotte est un jalon important de l'histoire littéraire, et les interprétations qu'on en donne sont multiples, pur comique, satire sociale, analyse politique. Il est considéré comme l'un des romans les plus importants des littératures espagnole et mondiale.

C'est également un opéra en 5 actes, dont la présentation donne un bon aperçu de l'intrigue:

Acte I
Une place publique en face de la demeure de Dulcinée

Un festival est célébré. Quatre prétendants de Dulcinée lui chantent la sérénade dans la rue. Dulcinée apparaît et explique qu'être adorée ne suffit pas (« Quand la femme a vingt ans »). Elle se retire et une foule, en grande partie des mendiants, acclame l'arrivée du chevalier excentrique et son écuyer comique, Don Quichotte monté sur son cheval Rossinante et Sancho Pança sur un âne. Enchanté par leur attention, Don Quichotte dit au réticent Sancho de leur jeter de l'argent. Après avoir dispersé la foule, Don Quichotte chante une sérénade à Dulcinée, (« Quand apparaissent les étoiles »), mais il est arrêté par Juan, un autre prétendant jaloux. Un combat à l'épée s'ensuit, interrompu par Dulcinée elle-même. Elle est séduite par les attentions anciennes de Don Quichotte, et réprimande Juan pour sa jalousie en le renvoyant. Le vieil homme lui offre son dévouement et un château. Elle suggère plutôt qu'il aille récupérer un collier de perles volé par Ténébrun, le chef des bandits. Il s'engage à le faire, et Dulcinée rejoint rapidement ses amis masculins.

Acte II
Dans la campagne

Un matin brumeux, Don Quichotte et Sancho entrent en scène avec Rossinante et l'âne. Don Quichotte est en train de composer un poème d'amour. Sancho prononce une longue tirade à l'encontre de leur expédition, de Dulcinée, et des femmes en général (« Comment peut-on penser du bien de ces coquines »). Les brumes se dispersent, révélant un alignement de moulins à vent, que Don Quichotte prend pour un groupe de géants. A la grande horreur de Sancho, Don Quichotte attaque le premier, est accroché par une des ailes et est soulevé dans les airs.

Acte III
Dans la sierra

Au crépuscule, Don Quichotte pense qu'ils se rapprochent des bandits. Sancho va se coucher tandis que Don Quichotte monte la garde. Les bandits apparaissent soudainement, et après un bref combat, font prisonnier le chevalier, tandis que Sancho parvient à s'échapper. Surpris par le mépris du vieil homme, les bandits lui donnent une raclée, avec l'intention de le tuer, mais la prière de Don Quichotte (« Seigneur, reçois mon âme, elle n'est pas méchante ») inspire la pitié à Ténébrun, le chef des bandits. Don Quichotte explique sa mission (« Je suis le chevalier errant »), et le collier lui est rendu. Les bandits demandent la bénédiction du noble chevalier avant son départ.

Acte IV
Le patio de la demeure de Dulcinée

Une fête se déroule, avec de la musique et de la danse, mais Dulcinée est mélancolique (« Lorsque le temps d'amour a fui »). S'éveillant un peu, elle attrape une guitare et chante (« Ne pensons qu'au plaisir d'aimer »). Alors que tout le monde s'est retiré pour dîner, Don Quichotte et Sancho arrivent. Tandis qu'ils attendent Dulcinée, Sancho demande une récompense à son maître, ce à quoi Don Quichotte répond par de vagues promesses d'une île, d'un château et de nombreuses richesses. Dulcinée et ses invités accueillent le chevalier, et celui-ci lui rend son collier, sous les acclamations de la foule. Mais quand il lui demande de l'épouser, il est accueilli par les rires hystériques de l'assemblée. Prenant pitié, Dulcinée demande à ses convives de partir, s'excuse (« Oui, je souffre votre tristesse, et j'ai vraiment chagrin à vous désemparer »), mais explique que sa destinée et sa façon de vivre sont différentes de celles du chevalier. Elle l'embrasse sur le front et part. Mais la compagnie revient pour se moquer du vieil homme. Sancho leur reproche vigoureusement (« Riez, allez, riez du pauvre idéologue ») et emmène son maître au loin.

Acte V
Un col de montagne dans une forêt ancienne

Par une claire nuit étoilée, Don Quichotte se meurt. Il se souvient avoir promis à Sancho une île en récompense, et lui offre un îlot de rêves, (« Prends cette île »). La mort approchant, Don Quichotte lève les yeux vers une étoile qui brille au-dessus d'eux et entend la voix de Dulcinée l'appelant vers un autre monde. Puis il s'effondre, tandis que Sancho pleure sur son corps.

(1) Voir le billet "Annonce, dis et écris seulement ce tu accepterais de voir publier dans un journal", le lien http://bit.ly/blogAMn25 renvoi sur melos.co.