Source: Yuya Shino de Reuters

Pour tenter de relancer l'économie japonaise, Shinzo Abe, le premier ministre, doit annoncer un nouveau plan de relance de l'ordre de 3 500 milliards de yens (24 milliards d'euros). Avec un objectif : donner un coup de pouce à la consommation.undefined

Comme le montrent plusieurs indicateurs, publiés hier le Japon finit l’année sur une note négative. L’inflation ralentit toujours : en novembre, pour le quatrième mois d’affilée, la hausse des prix s’est tassée. Elle se situe, hors produits périssables, à + 2,7 % sur un an, contre + 2,9 % en octobre, a annoncé le ministère des affaires intérieures. Mais, en excluant l’impact de la hausse, début avril, de la taxe sur la consommation (l’équivalent de la TVA), qui gonfle l’inflation de l’ordre de deux points, la progression des prix est de 0,7 % seulement, selon la méthode de calcul proposée par la Banque du Japon (BoJ), soit encore loin de son objectif de 2 %. Et la baisse des prix du pétrole devrait contribuer encore à freiner la progression des prix. La production industrielle recule aussi: les industriels ont réduit leur production en novembre, de 0,6%. Ce chiffre est bien en deçà des attentes des économistes (+0,8%). Ces derniers prévoient néanmoins un rebond en décembre et janvier.

Cela fait plusieurs mois déjà que les "Abenomics" patinent et que les doutes se multiplient quant à l’efficacité de cette politique de relance massive. Au troisième trimestre, le Japon est entré en récession, avec un produit intérieur brut (PIB) en recul de 0,5% par rapport au trimestre précédent, soit une chute en glissement annuel de 1,9%. Le PIB avait déjà reculé de 7,3% en glissement annuel entre avril et juin. Ce coup d’arrêt de l’économie nipponne a contraint le gouvernement à repousser son projet d’une seconde augmentation de la TVA.

Les entreprises invitées à "partager le gâteau"

À peine réélu, M. Abe a d’ailleurs pressé les chefs d’entreprises de donner du pouvoir d’achat, à la fois en augmentant les salaires lors des prochaines négociations du printemps, et en payant mieux leurs sous-traitants. Les salaires réels (une fois déduite l’inflation) se sont repliés de 4,3 % en novembre (par rapport au même mois en 2013), la plus forte baisse depuis cinq ans. Ils sont en baisse depuis 17 mois consécutifs.

Jeudi 25 décembre, le gouverneur de la Banque centrale du Japon (BoJ), Haruhiko Kuroda a lui aussi mis les patrons sous pression. S’exprimant devant les membres de fédération patronale Keidanren, les grandes compagnies, largement bénéficiaires de la dépréciation du yen, il les a pressés de changer "leur attitude", de "partager le gâteau" et réinvestir leurs profits "afin que le cercle vertueux de l’économie s’installe solidement".

Pour autant, le milieu patronal japonais reste circonspect face aux « Abenomics ». Bon nombre de patrons attendent la mise en œuvre de la "troisième flèche", celle des réformes structurelles: réforme du marché du travail et de l’agriculture, baisse de l’impôt sur les sociétés.