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Pourquoi Apple distribue ses milliards

Source: Le Temps

La multinationale va racheter pour 100 milliards de dollars d’actions supplémentaires, après avoir déjà distribué, depuis 2012, 275 milliards à ses actionnaires. Ces gestes, salués en bourse, suscitent aussi des critiques

Un nouveau programme de rachat d’actions de 100 milliards de dollars, une augmentation de 16% du dividende, un bénéfice de 13 milliards généré lors du dernier trimestre… les résultats d’Apple, publiés dans la nuit de mardi à mercredi, ont surtout permis à la société dirigée par Tim Cook de s’adresser à ses actionnaires. Pas de nouveau produit – leur présentation intervient traditionnellement à la fin de l’été – mais une salve d’annonces intimement liées à la réforme fiscale décidée par Donald Trump fin 2017.

Entrons, pour commencer, dans les détails de ces annonces. Le rachat d’actions d’une valeur de 100 milliards interviendra ces prochains mois et succédera à un autre programme, d’une valeur de 210 milliards de dollars, qui s’achèvera durant le trimestre en cours. Selon les calculs du Financial Times, Apple détient six positions dans le top 10 des rachats d’actions par trimestre, dont les quatre premières. Le dernier record avait été établi lors du trimestre de janvier à mars 2018, avec des rachats d’une valeur de 23 milliards de dollars.

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Entreprise la plus généreuse

Ce programme se double d’une augmentation de 16% du dividende, à 73 cents par titre, payable le 18 mai. Selon S&P Dow Jones Indices, Apple, avec 13 milliards de dollars ainsi distribués, devient ainsi la société la plus généreuse du monde avec ses actionnaires en chiffres absolus, passant devant ExxonMobil.

Pourquoi une telle générosité? "La réforme fiscale décidée par le président Trump est clairement la raison numéro un, estime Daniel Pellet, analyste chez Bordier, car il coûte désormais moins cher à Apple de rapatrier cet argent aux Etats-Unis [le taux d’imposition ayant baissé, ndlr]. Ce genre de plan de rachat d’actions géant a un impact direct sur le bénéfice par action: c’est extrêmement bien perçu par les analystes et les investisseurs aux Etats-Unis. L’autre raison, c’est la capacité toujours très élevée de la société à générer du cash." Sur le dernier trimestre, Apple a ainsi écoulé 52 millions d’iPhone.

"Un business très, très profitable"

Parlons de la réforme fiscale. A la fin de l’année civile 2017, Apple possédait 285 milliards de dollars, placés pour l’essentiel à l’étranger et dont la société ne faisait rien: avant la réforme décidée par Donald Trump, si cet argent était rapatrié aux Etats-Unis, le fisc américain aurait prélevé 35% de cette somme. Désormais, ce taux est tombé à 14,5%. Plutôt que d’emprunter pour rendre de l’argent à ses actionnaires – ce qu’Apple faisait jusqu’à présent –, la société utilise donc ses réserves.

Et elle demeure rentable. "Nous avons un business très, très rentable" a martelé Luca Maestri, directeur financier d’Apple. Le bénéfice trimestriel s’est ainsi étoffé de deux milliards par rapport à la même période de l’année passée et aucun analyste ne voit cette rentabilité s’étioler.

Mais Apple n’a-t-il pas mieux à faire que de rémunérer ses actionnaires directement (via les dividendes) et indirectement (la baisse du nombre de titres en circulation augmentant leur valeur)? "Il y a une raison politique: Apple veut certainement faire un geste envers l’administration Trump, qui a accepté ses demandes, émises depuis des années, de baisser le taux d’imposition, poursuit Daniel Pellet. Il y a aussi une cause plus terre à terre: Apple ne voit pas où investir tout le cash qu’elle génère. Sa direction préfère du coup récompenser ses actionnaires."

Imiter Facebook et Google?

Et pourtant, estime l’analyste de Bordier, la société de Tim Cook pourrait faire davantage. "Certes, Apple promet d’augmenter ses investissements dans des usines aux Etats-Unis, mais il faut être prudent avec ce type d’annonces. La société pourrait imiter Facebook ou Google en investissant massivement dans le cloud et les services, et peut-être aussi davantage dans les wearables [telles les montres connectées, ndlr]".

Les gestes annoncés par la multinationale ont eu un effet immédiat sur l’action, celle-ci progressant de 3,5% à l’ouverture de Wall Street mercredi, à 175 dollars. La plupart des analystes estiment que le titre va s’apprécier davantage ces prochaines semaines, UBS fixant par exemple un objectif de cours à 190 dollars.

Cette hausse bénéficie directement à la Banque nationale suisse (BNS), qui détenait fin 2017 des actions de la société pour une valeur de quelque 3,2 milliards de dollars, ce qui en fait le 27e actionnaire d’Apple. Si le nombre d’actions qu’elle détient n’a pas évolué, l’augmentation du dividende lui rapportera 2 million de dollars supplémentaires. Si l’action devait atteindre les 190 dollars prévus par UBS, la BNS, qui a déjà bénéficié de la hausse du titre depuis le 1er janvier, verrait son portefeuille d’actions gagner encore quelque 264 millions de dollars supplémentaires.

Commentaire...: un manque d’ambition

D’apparence, l’opération lancée par Apple est sûre. La multinationale a prouvé par le passé qu’elle était capable de gérer des programmes de rachat d’actions de plusieurs dizaines de milliards sans souci. Elle génère suffisamment de cash pour cela et jusqu’à présent, les investisseurs ont suivi la société – le cours du titre a quasiment quadruplé sur ces cinq dernières années. Les 100 milliards de dollars que va rendre Apple à ses actionnaires n’ont ainsi rien d’illogique.

Mais ce n’est pas très courageux. Racheter des actions peut paradoxalement envoyer un message négatif aux investisseurs: la direction n’a pas de bonne idée pour utiliser le cash, du coup elle récompense les actionnaires. Apple devient certes très forte dans les services, tels le streaming et le stockage en ligne, qui lui offrent une rente de situation si le nombre d’iPhone vendus devait baisser. Mais on attend davantage d’ambitions de la part de la société, que ce soit pour entrer sur de nouveaux marchés ou lancer des produits innovants. Apple n'en a pas besoin. Mais elle aurait les moyens de viser plus haut.

Bond des résultats de Facebook, peu touché par la crise de fuite de données

Source: ATS / RTS

Facebook a dégagé sur le premier trimestre un bénéfice net de 5 milliards de dollars, en hausse de 63% sur un an et meilleur qu'anticipé en moyenne par les marchés. De même, le chiffre d'affaires s'est affiché en hausse de 49% à 12 milliards de dollars.

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Les seules recettes publicitaires, qui constituent la quasi-totalité des revenus du groupe, ont bondi de 50% à 12 milliards. Autre élément très observé, le nombre d'utilisateurs mensuels actifs a crû de 13% à 2,2 milliards, conformément aux attentes des marchés. Ce chiffre était de 2,1 milliards à la fin de l'année passée.

Trop court terme

"Malgré les défis importants auxquels nous sommes confrontés, notre communauté et nos activités démarrent fort en 2018. Nous voyons nos responsabilités de façon plus large et investissons pour nous assurer que nos services sont utilisés de la bonne façon", a déclaré le patron-fondateur Mark Zuckerberg.

Cette publication était particulièrement attendue puisqu'il s'agit de la première depuis l'éclatement du scandale Cambridge Analytica qui empoisonne le réseau social depuis plus d'un mois.

Comme Google, Facebook doit la quasi-totalité de ses revenus aux recettes publicitaires car les annonceurs sont avides de profiter des montagnes de données personnelles collectées par le réseau social pour cibler leurs pubs.

Signes de faiblesse

Les chiffres annoncés mercredi sont d'autant plus rassurants pour les marchés que le dernier trimestre de l'année passée avait donné quelques signes de faiblesse, avant même l'éclatement du scandale.

Le réseau était déjà critiqué, notamment pour laisser pulluler les fausses informations, en particulier pendant la campagne présidentielle américaine de 2016, et subissait déjà une relative désaffection, notamment des plus jeunes qui lui préfèrent d'autres plateformes, comme Snapchat par exemple.

Quand les t-shirts filent un mauvais coton

source: France 5 / doc du dimanche
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Le tee-shirt est essentiellement importé de Chine et du Bangladesh. Star des garde-robes, il peut se décliner dans toutes les couleurs, être chic ou décontracté, porté hiver comme été, au masculin comme au féminin. Remonter le fil de la fabrication du tee-shirt, c'est découvrir une réalité bien sombre en Inde et en Ouzbékistan, où le coton est cultivé dans des conditions stupéfiantes. Les scandales, nombreux, ne touchent pas que les lointains pays producteurs, nous sommes nous aussi concerné. Mais comment le consommateur peut-il s'y retrouver? Et combien coûte réellement un tee-shirt? Enquête...

Entreprise bénéficiaire après un changement de norme comptable

Source: ats/tdg

Le fabricant soleurois de composants électriques et électroniques Schaffner a annoncé vendredi le changement de normes comptables avec effet rétroactif au 1er octobre 2015, passant du standard IFRS à Swiss GAAP. Le résultat du premier semestre se solde ainsi par un bénéfice.

L'excédent enregistré au 31 mars atteint désormais 500'000 francs, au lieu d'une perte de 300'000 francs. Les fonds propres atteignent, quant à eux, 47 millions, contre 55 millions auparavant, précise le groupe dans un communiqué.

Le chiffre d'affaires, qui avait chuté de 9,7%, reste comptabilisé à 93 millions de francs.

Pour l'ensemble de l'exercice 2015/2016, Schaffner table sur des ventes de 180 millions de francs. Une dégradation du résultat opérationnel (EBITA) comme du résultat net est cependant attendue en comparaison annuelle, en raison des frais liés aux mesures de réduction des coûts engagées.

Les différences de traitement entre les deux normes (Swiss GAAP et IFRS) se situent au niveau du

Nombre de pages: 200 Vs 3'000...

Reconnaissance: Suisse Vs Internationale

Principe: principe de prudence des évaluations (principe de la valeur la plus basse / principe des réserves latentes) Vs actifs / passifs financiers évalués à la juste valeur

CQFD?

Brexit et économie mondiale: réaction à chaud

undefinedLes principales Bourses européennes plongent vendredi à l'ouverture d'environ 10% à Paris, et pourraient connaître leur plus forte chute en pourcentage sur une séance. Le choc provoqué par le vote des Britanniques en faveur d'une sortie de l'Union européenne fait également dévisser la livre sterling et secoue l'ensemble des marchés mondiaux.

La saignée est générale en Europe, en premier lieu sur le secteur des banques (-14%), de l'assurance et du tourisme (-12% chacun). A l'inverse, les investisseurs se ruent sur les valeurs refuges comme les obligations d'Etat allemandes, le yen, le franc suisse ou l'or.

L'or bondit à son plus haut niveau

Vers 03H50 GMT (05H50 à Paris), alors que les dépouillements commençaient à pencher en faveur du "Brexit" (pour "British Exit") gagnant, le cours de l'once de métal jaune est monté jusqu'à 1'359 dollars, son niveau le plus fort depuis début 2014, un bond d'environ 8% par rapport au début de journée sur les marchés asiatiques.

Le choc est tel qu'il pourrait contraindre la Réserve fédérale américaine à renoncer à ses projets de hausse des taux cette année, voire inciter les grandes banques centrales dans le monde à prendre de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire pour soutenir l'économie.

Garantir la stabilité monétaire

La Banque nationale suisse (BNS) est intervenue sur le marché des changes en vue de stabiliser la situation après la victoire du Brexit, a-t-elle indiqué vendredi dans une prise de position. Le résultat du référendum a provoqué des pressions à la hausse sur le franc. L'euro est passé en début de journée sous la barre de 1.10 franc, son plus bas depuis une année.

Concrètement, un dispositif scellé en 2013 entre les banques centrales du Canada, d'Angleterre et du Japon, ainsi que la Banque centrale européenne (BCE), la Banque nationale suisse (BNS) et la Réserve fédérale américaine se tenaient prêts à être activées pour fournir des liquidités et éviter un assèchement. Une accessibilité facilitée à certaines devises comme le dollar pourrait constituer un filet de sécurité important.

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE) Mark Carney a déclaré vendredi que l'institution était prête à injecter 250 milliards de livres (326 milliards d'euros) de fonds additionnels afin d'assurer des liquidités suffisantes pour le fonctionnement des marchés suite à la victoire du Brexit. La Banque centrale européenne (BCE) se tient également prête à injecter des liquidités en euros et en devises si nécessaire pour stabiliser les marchés financiers, a-t-elle déclaré vendredi.

source de l'article: rts, jgal/fme; source de l'image: nasdaq.com

Comptabilité pour voyage d'étude/scolaires/formation

Lors de sortie scolaires, l'enseignant est responsable de tenir la comptabilité concernant l'activité: un budget, puis un décompte des dépenses et recettes. La direction valide alors les documents qui les transmets aux services de comptabilité. A noter que les parents et responsables légaux peuvent demander à tout moment (;-) un décompte afin de connaître l'utilisation qui a été faite de leur apport.

Pour faciliter cette transparence et permettre à l'enseignant de tenir un décompte quotidien sans avoir à transporter un ordinateur avec un tableur, nous avons développé un petit outil, facilement accessible depuis Internet. Basé sur la pratique, cette outil ne nécessite que quelques minutes par jour et assure un contrôle précis et en temps réel des moyens engagés et/ou disponible.

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L'outil est accessible depuis http://ecol2.com/ecol2com/tools/vff/calc.html

Quelle fortune pour arrêter de travailler?

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C’est la fin des vacances, et quelques-uns d’entre nous rêveraient de les prolonger indéfiniment. Ne plus devoir travailler chaque jour ouvrable, mais faire travailler son argent, afin qu’il paie une rente confortable. Et bien qu’un emploi puisse aussi rendre heureux, il est somme toute plutô agréable d’imaginer les options qui nous autoriseraient à nous arrêter, à disposer de temps libre, à ne rien faire à plein-temps, tout en recevant de l’argent à la fin du mois. Alors, rêvons un peu…

Tout d’abord, supposons qu’on veuille remplacer un revenu de cadre supérieur, disons de 200'000 francs par an avant impôts, par une rente de montant équivalent. La question, c’est quelle fortune faut-il avoir pour s’ouvrir les portes de la dolcevita et du farniente éternels? Cette enquête est régulièrement réalisée et publiées par Bilan, en s'appuyant sur les calculs de spécialistes de la banque privée Notenstein. Il s’agit de planifier l’investissement de manière à pouvoir vivre uniquement du revenu, sans toucher au capital. Le capital intact étant le gage de rentes renouvelées sur la durée. Pour faire fructifier le patrimoine, nous avons privilégié différentes options de placement en bourse. "Le montant de capital nécessaire dépendra de la performance espérée par classe d’actifs, et des fluctuations des marchés financiers", explique Patrick Revey, responsable de la clientèle institutionnelle pour la Suisse chez Notenstein. A présent, il s’agit de savoir ce que peuvent nous rapporter, sur un horizon de dix ans, les différentes classes d’actifs. Les performances espérées seront présentées en valeur nominale, à savoir non ajustées de l’inflation. Pour obtenir les rendements réels, on pourra retrancher 1% à la performance, soit un taux d’inflation estimé comme raisonnable par Notenstein pour les dix ans à venir. La banque a effectué les estimations de rendement pour trois types de portefeuilles: conservateur, diversifié et dynamique.

Actions/obligations: placer 4.4 millions

A première vue, les actions peuvent sembler très attrayantes pour nous générer notre rente avec le moins de capital possible. On observe que les actions suisses ont un potentiel – selon les hypothèses de Notenstein – de 6,8% de performance annuelle d’ici à 2022. Quant aux actions internationales, elles devraient rapporter 8,7%. Il suffirait donc d’un capital de 2,3 millions de francs investi dans un indice boursier mondial pour espérer 200 000 francs par année. Un rêve relativement accessible? Pas tout à fait: placé ainsi en totalité, le capital courrait un risque trop élevé de perte et sa volatilité, au cours des dix ans, serait intolérable pour la majorité d’entre nous. Pour 2,8 millions, on peut mélanger actions suisses et internationales, ce qui correspond à une stratégie "dynamique". Avec cette somme, on peut espérer 200 000 francs en théorie sur les places boursières domestiques et mondiales… mais comme dans le cas précédent, on risque de dépasser cette somme une année, et d’empocher beaucoup moins l’année suivante. L’estimation de Notenstein, bien qu’on ait des chances raisonnables de s’en approcher sur la période totale de dix ans, peut réserver de fortes fluctuations dans l’intervalle. Ajoutons que le rendement espéré ne se réalisera qu’en dehors de scénarios chocs tels qu’un krach boursier majeur.

Renonçons alors aux performances maximales, et mélangeons, de façon plus réaliste, des actions et des obligations. Si vous optez pour une stratégie diversifiée (moitié actions et matières premières, moitié taux fixes), vous pouvez en espérer 4.6% de rendement. Il vous faut donc un capital de 4.4 millions pour toucher 200'000 francs annuels. Le risque est ainsi réparti entre trois classes d’actifs, les matières premières étant relativement décorrélées des deux autres. Cela dit, elles ajoutent une part non négligeable de volatilité. Les fluctuations de la valeur de la fortune apparaissent généralement plus marquées lorsque la part en actions et matières premières augmente. Avantage de la diversification: si cette part réserve des fluctuations plus importantes que prévu, on peut en théorie compter sur l’effet stabilisateur des obligations. L’espérance de gain de 4.6% est identique aux performances que rapportait un tel portefeuille entre 1999 et 2005. Est-elle trop optimiste les années à venir? On ne le saura qu’a posteriori…

Mixte liquidités/obligations/actions: placer 6.1 millions

En attendant, si vous n’êtes pas adepte d’incertitude, vous réduirez encore la volatilité en plaçant le capital de manière conservatrice (avec 60% de liquidités et d’obligations suisses souveraines et d’entreprises, et 40% d’actions). Ce lissage des rendements a un coût: il vous faudra disposer de 6.1 millions de francs pour pouvoir arrêter de travailler sans trop vous inquiéter. Vous toucherez alors un revenu qui reposera sur une part potentiellement moins volatile de 60%. A noter cependant que les obligations d’entreprises, quand bien même elles sont helvétiques, ne sont pas dépourvues du risque de faillite, contrairement aux emprunts pouvant être considérés comme sûrs de la Confédération. Mais la performance espérée de 1% 1/2 des obligations libellées en francs suisses reste faible, compte tenu d’une inflation elle aussi très faible à l’heure actuelle. Si l’on considère leur performance espérée pour ces dix prochaines années, les obligations suisses n’ont qu’un maigre potentiel: elles rapporteraient moins de la moitié de ce qu’elles ont rapporté durant la dernière décennie. En effet, le rendement annuel moyen des emprunts helvétiques entre fin 2001 et fin 2011 a été de 3.8%, selon l’indice SBI AAA-BBB (obligations de qualité émises en francs suisses). Même les investisseurs qui détiennent les titres antérieurs émis avec des coupons plus élevés devront, ces prochaines années, réinvestir leurs obligations arrivées à échéance, et le feront probablement à un rendement toujours moindre. A côté de cette part obligataire à faible risque/rendement, la stratégie conservatrice expose tout de même votre capital à hauteur de 40% aux actions, source de volatilité à court terme.

100% obligataire: sûr... si vous avez 40 millions

Pour une sécurité maximale, il peut être tentant d’investir le capital entièrement en obligations de la Confédération, qui sont parmi les rares emprunts d’État dans le monde à être encore notés AAA. Mais la performance attendue est encore plus faible que pour les obligations d’entreprises: elle n’est que de 0,5% pour les prochains dix ans. Imaginons donc que l’on souhaite gagner 200 000 francs par an avec un portefeuille uniquement composé de titres souverains helvétiques. Le placement sera totalement sûr, certes, et les mensualités régulières. Mais son rendement infime signifie qu’il faut un capital très élevé pour arriver au revenu souhaité: en l’occurrence, 40 millions de francs (voir tableau 2 ci-dessus). A cette aune, à moins d’avoir gagné à l’EuroMillions, le prix d’un bonheur totalement sans risque s’avère hors de portée. Même l’athlète jamaïcain Usain Bolt ne pourrait se l’offrir avec ses 20 millions de francs amassés en une année! Si le capital nécessaire est aussi élevé aujourd’hui, c’est parce que le niveau des taux d’intérêt est historiquement bas. Les taux courts des banques centrales suisse, européenne et américaine sont même négatifs, une fois déduite l’inflation. A titre de comparaison, il fallait un quart de cette somme en 2009, ou 10 millions, pour générer 200 000 francs avec des obligations de la Confédération. Le tout obligataire présente un autre désavantage, fiscal celui-là, met en garde Julien Godat, responsable de la clientèle institutionnelle pour la Suisse romande chez Notenstein. En effet, rappelons que les coupons des obligations sont imposés à titre de revenu, contrairement aux gains en capital générés par les actions, qui sont exonérés en Suisse. Fiscalement, la prise de risque est donc plus intéressante qu’un investissement en obligations à 100%. On estime généralement que l’impact fiscal est de 40% sur le revenu. Or ce pourcentage dépend du domicile ainsi que de la stratégie d’investissement. En effet, si cet impact de 40% s’applique pour un portefeuille conservateur d’un Genevois, il est de l’ordre de seulement 10% pour un portefeuille dynamique d’un résident zougois. Globalement, tout miser sur l’obligataire ne serait donc pas opportun. Clairement, les taux fixes apportent de la sécurité, mais le très faible revenu qu’ils promettent oblige l’investisseur en quête d’un revenu décent à s’en détourner pour aller rechercher plus de risques. Mieux vaut privilégier le portefeuille de type conservateur, qui inclut aussi des obligations d’entreprises ainsi que des actions suisses. Mais si l’on veut allier rendement intéressant et sécurité maximale, il faudra couvrir la part de risque du portefeuille conservateur liée aux actions (40%). Il faudra donc mettre davantage de capital. D’autant plus que si l’on rêve d’une rente qui tombe chaque année de façon régulière, aucune des trois stratégies (dynamique, diversifiée, conservatrice) ne permet de la garantir. Les années 2007 et 2008, encore dans les mémoires, n’ont-elles pas déjoué toutes les prédictions? "Il est utopique de penser que les estimations de performances se réaliseront exactement comme prévu, et que les rendements seront répartis de manière régulière chaque année", souligne Julien Godat.

Et quand, dans le cas d’une stratégie dynamique, le prix du bonheur semble faible au départ, le risque n’en est que plus grand pour l’intégrité du capital. Si la performance attendue a été surestimée, le capital devra être entamé afin de compenser le manque à gagner. Pour couvrir ce risque, la banque Notenstein conseille de prévoir un coussin de sécurité, à savoir une marge de capital supplémentaire de 40% pour chacune des trois stratégies afin de pallier à une moins-value de 30% des performances espérées. Cela aboutirait à des sommes de départ allant non plus de 3 à 6 millions de francs, mais de
4 à 9 millions.

Le capital peut devoir être entamé

"Même si, sur dix ans, le portefeuille réalise la performance prévue, il est possible de devoir entamer le capital de départ afin d’assurer les 200 000 requis", explique Julien Godat. Trois scénarios sont envisagés: performances annuelles constantes; hausse suivie d’une baisse; baisse suivie d’une hausse.

Si le coussin de 40% permet de couvrir le risque de ne pas atteindre le revenu espéré en cours de période, il faut une marge encore plus importante pour couvrir le risque de démarrer par une baisse et donc de ne pas atteindre le revenu espéré sur la totalité de la période. Pour cette marge supplémentaire, prix d’une sécurité idéale, qui couvre aussi le risque de diminution du capital après dix ans, il faudra prévoir 50% de capital supplémentaire pour un portefeuille conservateur, soit 9.6 millions au lieu de 6.1 millions, et jusqu’à un doublement du capital pour un portefeuille dynamique, soit 5.7 millions au lieu de 2.8 millions.

Prévoir jusqu’au double de capital

Avec cela, la vie de rentier aisé semble déjà moins atteignable… Malgré tout, l’option du portefeuille conservateur entièrement assuré pour un total de 9.6 millions vaut le détour. En effet, elle permet à l’investisseur de "partir en vacances à vie" avec 4 fois moins de capital que les 40 millions que requiert un placement 100% en obligations de la Confédération. Si l’on fait le bilan sur la décennie, qui s’étend sur deux crises financières majeures, les placements boursiers affichent un rendement bien maigre. Les trois stratégies ne sont que très faiblement positives depuis quelques années déjà.

Une décennie "perdue"

Les dix dernières années ont été particulièrement difficiles pour les actifs "risqués" tels que les actions. A posteriori, générer 200'000 francs par an sur la période en investissant de façon diversifiée dans les marchés aurait nécessité un capital d’au moins 16 millions de francs et une bonne dose de tolérance à l’extrême volatilité de la période de crise. Le rendement historique d’un portefeuille actions (suisses et internationales) était encore inférieur entre 2000 et 2010: il n’a atteint que 0,7%, et il aurait fallu 28 millions de capital pour vivre d’une rente de 200'000 francs.

"Investir la totalité du capital dans un immeuble locatif rapporterait aujourd’hui 4.5% de performance nette, selon nos estimations", indique Julien Godat. Il en ressort que le capital nécessaire pour générer 200'000 francs par an est de 4.5 millions. "Vu sous cet angle, c’est clairement une solution attractive étant donné qu’elle représente l’approche demandant le moins de capital afin d’accéder à la tranquillité", selon le spécialiste de Notenstein. Il n’est pas étonnant d’observer l’intérêt que suscite actuellement l’immobilier. "Encore faut-il trouver un objet disponible à un prix raisonnable, ajoute Julien Godat, et tenir compte du fait que l’immobilier ne nous met pas l’abri de mauvaises surprises…"

Source: Myret Zaki / image: budgetmag

La croissance économique en Suisse stagne

Le produit intérieur brut (PIB) réel est resté inchangé par rapport aux trois premiers mois de l'année. Il a augmenté de 0,6% en glissement annuel.

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La Suisse a enregistré une croissance économique nulle au deuxième trimestre 2014. Les impulsions positives apportées par la consommation privée ont été contrecarrées par la contribution légèrement négative de la balance commerciale des marchandises et des services, a indiqué ce mardi 2 septembre le Secrétariat d'Etat à l'économie.

A titre de comparaison, la croissance de l'économie helvétique a nettement ralenti en glissement annuel, le PIB affichant un taux de 2,1% au premier trimestre. Par rapport aux trois premiers mois de 2013, la croissance s'était inscrite alors à 0,5%, alors qu'elle est au point mort au 2e trimestre.

Les prévisions conjoncturelles pour l'économie suisse sont, selon les experts du secrétariat d'Etat à l'économie SECO, les suivantes:

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Lombard Odier: bénéfice net consolidé de 62,5 mio de CHF au 1er semestre

La banque privée Lombard Odier a réalisé au premier semestre un bénéfice net consolidé de 62,5 mio, a-t-elle annoncé. Le produit d`exploitation s`inscrit à 527,1 mio. C`est la première fois que la banque genevoise publie ses résultats, suite à son changement de structure juridique.

La somme du bilan s'élève à 17,1 mrd. Les actifs totaux de la clientèle représentent 211 mrd fin juin. Dans le détail, les avoirs totaux de la clientèle privée s`élèvent à 114,7 mrd. Les avoirs sous gestion provenant de la clientèle de gestion d'actifs (asset management) s`inscrivent à 47,8 mrd. Et les clients des services technologiques et bancaires ont confié 48,5 mrd d'actifs à la banque privée.

"Ces résultats sont en ligne avec nos attentes et sont le reflet à la fois des investissements que nous continuons de réaliser en vue d'atteindre nos objectifs stratégiques ainsi que de l`utilisation conservatrice de notre bilan", a commenté dans le communiqué l'associé-gérant senior Patrick Odier. Il a ajouté que le groupe "est de plus en diversifié, plus international et plus équilibré" entre ses trois segments.

Lombard Odier suit trois lignes de métier: la clientèle privée, la gestion d'actifs pour la clientèle institutionnelle et la plateforme technologique qu'elle fournit à des tiers, "qui connaît un grand succès", selon Patrick Odier.

Le groupe a décidé il y a plusieurs années d'accélérer le développement de ses activités liées à la clientèle privée en Europe, en Asie et en Suisse, ainsi que de renforcer son offre d'assez management. L'établissement bancaire a aussi transformé sa plateforme technologique en un centre de profit, a-t-il précisé dans son communiqué.

Les charges d'exploitations s`établissent à 429,7 mio CHF, et le ratio coût-produits s'élève à 80%. Cela reflète les investissements à long terme consentis dans les trois domaines d'activités.

Le ratio de fonds propres durs (CET1) est de 23,8%, soit nettement plus que les 12% demandé par la FINMA. Le ratio de liquidités à court terme est de 653%. L'objectif de Lombard Odier est de rester l`un des établissements bancaires les mieux capitalisés au monde.

Le groupe emploie environ 2000 personnes et possède un réseau de bureaux qui couvre 19 juridictions.

La banque privée Lombard Odier, fondée en 1796 et dirigée par huit associés, publie pour la première fois ses résultats. Depuis janvier 2014, la société faîtière du groupe est organisée sous la forme d`une société en commandite par actions (SCA). Les activités de la banque en Suisse sont menées sous la forme d`une société anonyme.

Source: swissquote - dg/mm, 28 août 2014

Pictet dévoile ses chiffres pour la première fois

par Ignace Jeannerat, Le Temps

Pour la première fois en 209 ans d’existence, changement de structure juridique oblige, le groupe Pictet livre au public et à la communauté financière qui a, pour l’occasion, les yeux grands ouverts sur la grande banque privée, ses principaux résultats financiers. Et les chiffres pleuvent: 975 millions de francs de produits d’exploitation, 247 millions de résultat opérationnel, 203 millions de bénéfice pour le groupe au premier semestre 2014 et une rentabilité des fonds propres de 17,6%. Et la liste des chiffres révélés pour la première fois continue: 34 milliards d’actifs au total du bilan au 30 juin 2014, 2,2 milliards de fonds propres, un ratio de fonds propres de première catégorie selon Bâle III à 21,7%, très nettement au-dessus des exigences minimales de Bâle III (4,5%) et de la Finma (7,8%). Et encore 9,4 milliards de liquidités et avoirs auprès des banques centrales, un ratio de liquidité à court terme de 166%. Même le taux de couverture de la caisse de retraite des employés des sociétés suisses est révélé: 116%.

Reprenons dans le calme cette volée de chiffres sortis des murs de banquiers privés et discrets à l’occasion de la première publication d’états financiers intermédiaires. Chez Pictet, au 30 juin 2014, les montants sous gestion s’élèvent donc à 404 milliards de francs, en hausse de 13 milliards. «Un résultat satisfaisant», qualifie Jacques de Saussure, associé senior. Ces montants se répartissent en trois tiers quasi égaux: la gestion de fortune (34%), la gestion institutionnelle (33%) et l’asset servicing, soit banque dépositaire, solutions liées aux fonds ou encore négoce (33%).

Les revenus des commissions et des prestations de service (828 millions de francs) représentent 85% des revenus opérationnels et couvrent 114% des charges totales avant impôts, relève la banque. A ces montants s’ajoutent 63 millions de résultat sur les opérations d’intérêt, une part qualifiée de «très faible dans nos revenus» par Jacques de Saussure.

Côté charges, les frais de personnel – 3611 collaborateurs en équivalant plein temps au 30 juin dont 2346 en Suisse – s’élèvent à 519 millions de francs et constituent 71% du total des charges avant impôts. Les autres charges d’exploitation s’élèvent à 185 millions de francs dont 40% liés à l’informatique et aux télécommunications.

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