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Comment un Américain en 1883 inventa le modèle économique de "Facebook"

Source: Le Temps

Dans "The attention merchants", l’essayiste américain Tim Wu raconte comment est née une valeur d'un genre nouveau qui allait révolutionner l’économie mondiale: l’attention humaine. Il en tire d’inquiétantes conclusions sociologiques et philosophiques. Un livre important

Tim Wu n’est pas conteur. Professeur à la faculté de droit de l’Université Columbia, son récit pourtant happe le lecteur dès les premières pages de son dernier ouvrage: "The Attention Merchants" (Penguin Random House, 2016), "les marchands de l'attention". L’histoire commence en 1883. À New York, la presse écrite bat de l’aile, noircissant ses colonnes de politique, de nouvelles ennuyeuses et de petites annonces. Dans cette ville de 300 000 habitants, les journaux phares, "The Morning Courier" et le "New York Enquirer" ne dépassent pas 2 600 exemplaires par jour, principalement destinés aux hommes d’affaires, d'accord pour verser les six centimes nécessaires.

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Dans cette industrie stagnante, un jeune imprimeur va accoucher d'une idée révolutionnaire: créer un journal dont le revenu sera essentiellement basé sur des recettes publicitaires. Pour ce faire, Benjamin Day, explique Tim Wu, imprime son journal, "The Sun" à perte. Vendu à un centime, son objectif est de séduire les masses, de capter suffisamment leur attention, pour ensuite revendre ces yeux "disponibles" aux plus offrants, les annonceurs.

Selon Tim Wu, inventeur et vulgarisateur du concept de "Net neutrality", Benjamin Day n’aurait pas pu mener à bien son projet sans un changement radical de l’essence même de ce qui était présenté dans les journaux. Son souci premier n’étant pas le journalisme, il fait la part belle aux histoires macabres, de crimes et de mort, de violence et d’infidélités conjugales, et finit même par publier de pures affabulations... Le succès est retentissant: un an après son lancement, "The Sun" vendu à un centime rivalise avec les journaux déjà établis. Et à sa deuxième année, il atteint un tirage de 19 360 exemplaires pour se positionner comme quotidien le plus lu au monde. Benjamin Day a alors 25 ans, il devient le premier "marchand de l'attention" digne de ce nom.

La naissance d'un modèle

"The Sun" fera des émules. Le modus operandi qui consiste à "convertir ses clients en produit qu'on peut vendre à un annonceur" sera dupliqué. Aussi bien par les propagandistes de guerre britanniques au début du XXe siècle qu’à l’avènement de la radio, passant par la télé jusqu’à son introduction dans les espaces actuels les plus intimes avec la dissémination massive des téléphones portables et des réseaux sociaux. Entre histoire et remise en question, le livre de Tim Wu se fraye un chemin dans les méandres de cette économie nouvelle: celle dont les concurrents s’affrontent dans une mêlée sans merci pour monopoliser l’attention humaine. Des chaines câblées à Facebook. De la publicité conquérante à ses revers récents.

Car des revers, il n’en manque pas. Et Tim Wu constate qu’au pinacle de ses excès, l’industrie de l’attention fut souvent confrontée à un rejet collectif important. "La révolte des consommateurs est un ingrédient crucial dans la volonté d’avoir un meilleur environnement média", observe le chercheur qui s’inquiète, dans la société moderne, de "l’homo distractus", cet homme à la concentration toujours plus fragmentée, constamment distrait, incapable de se focaliser. Il se questionne aussi sur la passion contemporaine pour la gratuité, et les risques qu’elle fait courir notamment à la vie privée, à la presse et à la démocratie.

Au fond, la préoccupation fondamentale de Tim Wu s’avère philosophique. Dans cette "bataille acharnée pour entrer dans nos têtes", écrit-il en sous-titre de son livre, l’enjeu principal reste le contrôle de nous-mêmes, de nos choix et de nos vies. Paraphrasant le philosophe William James, il rappelle que l’expérience de vie équivaut à la somme des choses sur lesquelles on porte son attention. Sommes-nous encore libres de nos pensées et de nos décisions quand elles sont soumises au matraquage permanent de la publicité? À défaut de réponses définitives, "The Attention merchants" propose des pistes de réflexion édifiantes.

Facebook lance une nouvelle plateforme de diffusion de e-sport

Source: ats/jop

Facebook a lancé vendredi une nouvelle plateforme, intégrée au réseau social, consacrée à la diffusion en direct de parties de jeux vidéo. Le réseau social entend rattraper son retard sur les grands acteurs du secteur.

Facebook a dévoilé vendredi son dispositif Level Up Program, destiné à ceux qui débutent dans la diffusion en direct ou en différé de parties de jeux vidéos. En outre, le site a présenté une plateforme dédiée au "gaming", accessible à l'adresse fb.gg, qui agrège les vidéos en direct et en différé disponibles.

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Certaines compétitions de e-sport ont déjà pris des dimensions énormes, comme ici à l'ESL One de Hambourg, fin 2017.

En janvier, le réseau social avait lancé son Gaming Creator Pilot Program, qui offrait déjà une série d'outils permettant notamment aux joueurs habitués d'améliorer leur audience.
Du retard sur un marché juteux

La diffusion en streaming de parties de jeux vidéo constitue l'un des piliers du e-sport, un secteur en plein essor. Or, facebook possède un retard conséquent sur ses concurrents, à commencer par les plateformes Twitch (Amazon) et YouTube (Google).

En s'ouvrant à ce marché, le réseau social créé par Mark Zuckerberg cherche également à rester au contact du jeune public, qui a tendance à migrer vers d'autres réseaux sociaux, selon plusieurs études.

Bond des résultats de Facebook, peu touché par la crise de fuite de données

Source: ATS / RTS

Facebook a dégagé sur le premier trimestre un bénéfice net de 5 milliards de dollars, en hausse de 63% sur un an et meilleur qu'anticipé en moyenne par les marchés. De même, le chiffre d'affaires s'est affiché en hausse de 49% à 12 milliards de dollars.

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Les seules recettes publicitaires, qui constituent la quasi-totalité des revenus du groupe, ont bondi de 50% à 12 milliards. Autre élément très observé, le nombre d'utilisateurs mensuels actifs a crû de 13% à 2,2 milliards, conformément aux attentes des marchés. Ce chiffre était de 2,1 milliards à la fin de l'année passée.

Trop court terme

"Malgré les défis importants auxquels nous sommes confrontés, notre communauté et nos activités démarrent fort en 2018. Nous voyons nos responsabilités de façon plus large et investissons pour nous assurer que nos services sont utilisés de la bonne façon", a déclaré le patron-fondateur Mark Zuckerberg.

Cette publication était particulièrement attendue puisqu'il s'agit de la première depuis l'éclatement du scandale Cambridge Analytica qui empoisonne le réseau social depuis plus d'un mois.

Comme Google, Facebook doit la quasi-totalité de ses revenus aux recettes publicitaires car les annonceurs sont avides de profiter des montagnes de données personnelles collectées par le réseau social pour cibler leurs pubs.

Signes de faiblesse

Les chiffres annoncés mercredi sont d'autant plus rassurants pour les marchés que le dernier trimestre de l'année passée avait donné quelques signes de faiblesse, avant même l'éclatement du scandale.

Le réseau était déjà critiqué, notamment pour laisser pulluler les fausses informations, en particulier pendant la campagne présidentielle américaine de 2016, et subissait déjà une relative désaffection, notamment des plus jeunes qui lui préfèrent d'autres plateformes, comme Snapchat par exemple.

La lutte entre Facebook et YouTube pour de la diffusion de vidéo: les chiffres

"Il y a désormais plus de 8 milliards de vidéos qui sont partagées quotidiennement sur Facebook (4 milliards il y a 6 mois, une progression sans doute liée au lancement automatique introduit récemment / ndr) et plus de 500 millions de personnes qui les regardent", a déclaré le directeur du réseau social, Mark Zuckerberg, jeudi en annonçant les résultats du troisième trimestre.

S'imposer sur le marché de la vidéo est l'objectif affiché de Facebook: les opportunités, notamment en termes de recettes publicitaires, résident dans le format court, les médias ayant pris l'habitude de segmenter les contenus longs pour les adapter aux habitudes sur les réseaux sociaux.

Facebook espère ainsi directement concurrencer Youtube, qui reste numéro un du marché avec 4 milliards de vues quotidiennes (contre 500 millions) et 300 heures de vidéos ajoutées par seconde.

Le virage du mobile

Lors des trois derniers mois, Facebook a réalisé 78% de ses rentrées publicitaires via des annonces sur mobile, ce qui constituent le principal moteur de croissance du groupe.

De manière générale, les recettes publicitaires engrangées par le réseau social ont progressé de 45% au troisième trimestre.

3 dollars par utilisateur dans le monde

Facebook a accru son chiffre d'affaires de 40% à 4,5 milliards de dollars sur le trimestre, alors que son bénéfice net a progressé de 11% à 891 millions de dollars.

Le réseau social américain revendique désormais 1,55 milliard d'utilisateurs, dont 65% se connectent tous les jours. Ce trimestre, Facebook annonce donc avoir gagné environ 3 dollars par utilisateur, soit une hausse de 24% par rapport au trimestre précédent.

Source: rts /ptur/jvia

 

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