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Grèce: les marchés s'affolent à l'approche d'un éventuel défaut de paiement

Zurich (awp) - Les marchés financiers mondiaux s'affolaient lundi matin, après l'échec des négociations entre la Grèce et ses créanciers. L'approche de l'échéance mardi du remboursement de 1,5 mrd EUR au FMI, qu'Athènes ne peut honorer sans aide financière, faisait plonger les marchés des actions et des matières premières et accentuaient la volatilité sur les devises.

Les places asiatiques étaient les premières à répercuter les mauvaises nouvelles en provenance de la Grèce. Les Bourses se repliaient nettement à l'instar de Tokyo (-2,9%), Séoul (-1,56%), Taipei (-2,4%), Hong Kong (-3,63%) et Shanghai (-7%).

La Bourse suisse s'orientait également vers une ouverture en forte baisse. Le SMI avant-Bourse, évalué par Julius Bär, reculait de 3,64% à 8679,59 points.

Les cours du pétrole étaient également baissiers en Asie, inquiètes face à la crise grecque. Le cours du baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en août perdait 82 cents à 58,81 USD, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison à même échéance cédait 70 cents à 62,56 USD.

Sur le marché des devises, l'euro est tombé lundi matin sous 1,10 USD dans les premiers échanges en Asie, les investisseurs fuyant le risque lié à la crise grecque. Le franc suisse se raffermissait nettement, passant à 1,034 EUR/CHF dans la matinée, contre 1,045 EUR/CHF vendredi soir.

Les Européens ont décidé de laisser expirer mardi 30 juin le programme d'aide dont bénéficiait la Grèce, après son annonce d'un référendum le 5 juillet sur les exigences de ses créanciers. Mardi est également l'échéance du remboursement de 1,5 mrd EUR de la Grèce au FMI, montant qu'Athènes ne peut honorer sans aide financière.

La perspective du défaut de paiement se profile et derrière, celle du "Grexit", la sortie de la Grèce de la zone euro, scénario catastrophe pour les responsables européens et pour beaucoup de Grecs qui veulent rester dans l'euro.

ESPOIRS D'ACCORD

La Grèce a annoncé la fermeture des banques jusqu'au 6 juillet et l'instauration d'un contrôle des capitaux pour éviter les sorties de fonds et une déstabilisation du système bancaire hellénique.

Selon les analystes de Credit Suisse, le référendum du 5 juillet sera un vote sur le maintien de la Grèce dans la zone euro, ce que les Grecs devraient approuver.

Les spécialistes de Société Générale ont également abondé en ce sens, estimant les chances à 60% de voir un accord être conclu sur le maintien de la Grèce dans la zone euro. "Mais le processus sera long", ont-ils averti. Athènes risque dont de ne pas être en mesure de rembourser mardi les 1,5 mrd EUR qu'elle doit au FMI, mais aussi les montants qu'elle doit rembourser à la Banque centrale européenne (BCE) d'ici le 20 juillet.

Pour J.P. Morgan, la BCE pourrait très rapidement passer d'une phase d'avertissement verbal à des annonces de politique monétaire pour faire face à une détérioration sur les marchés, notamment des obligations.

 

"Apprendre de ses erreurs" : sur Twitter, Dominique Strauss-Kahn réagit aux tensions en Europe autour de la dette grecque et propose d'en effacer une partie

"Le tour très aigre que prennent les négociations entre la Grèce, l'UE et le FMI, comme le référendum qui vient d'être annoncé, imposent de rappeler quelques réalités et de prendre une nouvelle direction", estime ce samedi l'ancien président du FMI sur Twitter.

"Le FMI a fait des erreurs et je suis prêt à prendre ma part de responsabilité", concède-t-il. "Le diagnostic du FMI [...] a négligé le fait que la nature inachevée de l'union monétaire européenne était à l'origine de tout le problème et aurait dû être un élément essentiel de sa solution. Le FMI a aussi sous-estimé la profondeur des faiblesses institutionnelles de la Grèce."

"Je crois que nous avons besoin de penser différemment, de changer de logique et de prendre une direction radicalement différente dans les négociations avec la Grèce", exhorte l'ancien ministre de l'Economie. "Ma proposition est que la Grèce ne reçoive plus aucun financement nouveau de la part de l'UE comme du FMI mais qu'elle bénéficie d'une très large extension de la maturité et même d'une réduction nominale massive de sa dette. [...] Fournir plus d'aide pour seulement rembourser les créanciers publics existants est tout simplement inepte."

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