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Brexit et économie mondiale: réaction à chaud

undefinedLes principales Bourses européennes plongent vendredi à l'ouverture d'environ 10% à Paris, et pourraient connaître leur plus forte chute en pourcentage sur une séance. Le choc provoqué par le vote des Britanniques en faveur d'une sortie de l'Union européenne fait également dévisser la livre sterling et secoue l'ensemble des marchés mondiaux.

La saignée est générale en Europe, en premier lieu sur le secteur des banques (-14%), de l'assurance et du tourisme (-12% chacun). A l'inverse, les investisseurs se ruent sur les valeurs refuges comme les obligations d'Etat allemandes, le yen, le franc suisse ou l'or.

L'or bondit à son plus haut niveau

Vers 03H50 GMT (05H50 à Paris), alors que les dépouillements commençaient à pencher en faveur du "Brexit" (pour "British Exit") gagnant, le cours de l'once de métal jaune est monté jusqu'à 1'359 dollars, son niveau le plus fort depuis début 2014, un bond d'environ 8% par rapport au début de journée sur les marchés asiatiques.

Le choc est tel qu'il pourrait contraindre la Réserve fédérale américaine à renoncer à ses projets de hausse des taux cette année, voire inciter les grandes banques centrales dans le monde à prendre de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire pour soutenir l'économie.

Garantir la stabilité monétaire

La Banque nationale suisse (BNS) est intervenue sur le marché des changes en vue de stabiliser la situation après la victoire du Brexit, a-t-elle indiqué vendredi dans une prise de position. Le résultat du référendum a provoqué des pressions à la hausse sur le franc. L'euro est passé en début de journée sous la barre de 1.10 franc, son plus bas depuis une année.

Concrètement, un dispositif scellé en 2013 entre les banques centrales du Canada, d'Angleterre et du Japon, ainsi que la Banque centrale européenne (BCE), la Banque nationale suisse (BNS) et la Réserve fédérale américaine se tenaient prêts à être activées pour fournir des liquidités et éviter un assèchement. Une accessibilité facilitée à certaines devises comme le dollar pourrait constituer un filet de sécurité important.

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE) Mark Carney a déclaré vendredi que l'institution était prête à injecter 250 milliards de livres (326 milliards d'euros) de fonds additionnels afin d'assurer des liquidités suffisantes pour le fonctionnement des marchés suite à la victoire du Brexit. La Banque centrale européenne (BCE) se tient également prête à injecter des liquidités en euros et en devises si nécessaire pour stabiliser les marchés financiers, a-t-elle déclaré vendredi.

source de l'article: rts, jgal/fme; source de l'image: nasdaq.com

Le franc suisse se renforce face à l'euro: pourquoi? avec quels effets?

inspiré par tdg / Thomas Thani - Zurich

En baisse depuis deux mois, le franc se revalorise

Alors que les milieux économiques étaient soulagés cet été de voir le franc perdre de sa valeur par rapport à l’euro en remontant autour de 1.10, le processus inverse est à l’œuvre actuellement: le franc s’est revalorisé fortement face à la monnaie européenne et valait 1.075 dans la soirée de vendredi, son plus haut niveau depuis deux mois.

Jeudi, tout en maintenant les taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) à leurs niveaux actuels, son président, Mario Draghi, a dit qu’elle allait "réexaminer" sa politique monétaire avant sa prochaine réunion du Conseil des gouverneurs en décembre. 

Effets d'anticipation visible sur les emplois

undefinedDeux grand groupes, spécialisés dans le transport et la logistique mettent en avant la force du franc face à l’euro pour expliquer une vague de licenciement: Rieter, société de plus de 5k employés, basée à Winterthour, générant un bénéfice supérieur à 50 million l'année passée (en hausse de 100% sur le premier trimestre de cette année), a annoncé jeudi la suppression de 200 emplois; annonce suivie par celle de DHL, filiale de Deutsche Post avec 2.5k employés en Suisse, qui annonçait vendredi étudier la possibilités de biffer jusqu’à 70 postes.

Employés Suisse a exprimé des craintes que cette vague de licenciements puisse se poursuivre dans l’industrie (secteur secondaire) après les élections fédérales, les patrons et les partis bourgeois ayant pris soin d'éviter cette thématique lors des votations.

Poursuite d'un programme européen à faible impact...

La BCE soutient actuellement l’économie de la zone euro avec des taux d’intérêt très bas, des prêts aux banques et un vaste programme d’achats de dettes publiques et privées, au rythme de 60 milliards d’euros par mois durant encore une année.

Il n’est maintenant pas exclu que ce programme s’étende au-delà, car les mesures prises par la BCE se sont montrées pour l’instant incapables de faire remonter l’inflation au niveau qu’elle vise, supérieur à zéro. Les prix ont toujours tendance à baisser en Europe, ce qui fait craindre un mouvement de recul en spirale avec une chute des salaires et du pouvoir d'achat (déflation).

La Chine s'en mêle aussi

Le dollar était par ailleurs prisé par des investisseurs en quête de sécurité (en autre face à la crise migratoire vécue en Europe) alors que la Banque centrale chinoise a abaissé aussi son taux directeur pour rendre les investissements plus attractifs (le loyer de l'argent étant moins coûteux). Les Bourses sur ces deux marchés ont atteint des sommets, en sachant que des sommes importantes vont continuer à y être investis.

Grèce: les marchés s'affolent à l'approche d'un éventuel défaut de paiement

Zurich (awp) - Les marchés financiers mondiaux s'affolaient lundi matin, après l'échec des négociations entre la Grèce et ses créanciers. L'approche de l'échéance mardi du remboursement de 1,5 mrd EUR au FMI, qu'Athènes ne peut honorer sans aide financière, faisait plonger les marchés des actions et des matières premières et accentuaient la volatilité sur les devises.

Les places asiatiques étaient les premières à répercuter les mauvaises nouvelles en provenance de la Grèce. Les Bourses se repliaient nettement à l'instar de Tokyo (-2,9%), Séoul (-1,56%), Taipei (-2,4%), Hong Kong (-3,63%) et Shanghai (-7%).

La Bourse suisse s'orientait également vers une ouverture en forte baisse. Le SMI avant-Bourse, évalué par Julius Bär, reculait de 3,64% à 8679,59 points.

Les cours du pétrole étaient également baissiers en Asie, inquiètes face à la crise grecque. Le cours du baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en août perdait 82 cents à 58,81 USD, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison à même échéance cédait 70 cents à 62,56 USD.

Sur le marché des devises, l'euro est tombé lundi matin sous 1,10 USD dans les premiers échanges en Asie, les investisseurs fuyant le risque lié à la crise grecque. Le franc suisse se raffermissait nettement, passant à 1,034 EUR/CHF dans la matinée, contre 1,045 EUR/CHF vendredi soir.

Les Européens ont décidé de laisser expirer mardi 30 juin le programme d'aide dont bénéficiait la Grèce, après son annonce d'un référendum le 5 juillet sur les exigences de ses créanciers. Mardi est également l'échéance du remboursement de 1,5 mrd EUR de la Grèce au FMI, montant qu'Athènes ne peut honorer sans aide financière.

La perspective du défaut de paiement se profile et derrière, celle du "Grexit", la sortie de la Grèce de la zone euro, scénario catastrophe pour les responsables européens et pour beaucoup de Grecs qui veulent rester dans l'euro.

ESPOIRS D'ACCORD

La Grèce a annoncé la fermeture des banques jusqu'au 6 juillet et l'instauration d'un contrôle des capitaux pour éviter les sorties de fonds et une déstabilisation du système bancaire hellénique.

Selon les analystes de Credit Suisse, le référendum du 5 juillet sera un vote sur le maintien de la Grèce dans la zone euro, ce que les Grecs devraient approuver.

Les spécialistes de Société Générale ont également abondé en ce sens, estimant les chances à 60% de voir un accord être conclu sur le maintien de la Grèce dans la zone euro. "Mais le processus sera long", ont-ils averti. Athènes risque dont de ne pas être en mesure de rembourser mardi les 1,5 mrd EUR qu'elle doit au FMI, mais aussi les montants qu'elle doit rembourser à la Banque centrale européenne (BCE) d'ici le 20 juillet.

Pour J.P. Morgan, la BCE pourrait très rapidement passer d'une phase d'avertissement verbal à des annonces de politique monétaire pour faire face à une détérioration sur les marchés, notamment des obligations.

 

BCE: politique de l’offre ou de la demande?

Source: Bernard Clerc (ancien député genevois) - Le Courrier du 31 janvier 2015

La récente décision de la Banque centrale européenne (BCE) de racheter aux banques des créances compromises va dans le sens de la politique de l’offre, aujourd’hui dominante dans le néolibéralisme. A savoir, inciter les banques à prêter aux entreprises pour que celles-ci investissent. Douce illusion, les banques investiront là où leurs rendements seront les plus élevés et non pas là où les besoins de financement sont nécessaires. Pour sortir l’Europe de la crise et d’une possible déflation, il convient de stimuler la demande en favorisant les salaires et la réponse aux besoins de la population. Dans une précédente chronique, nous avons montré que c’est la demande en biens et services qui est à la base de la création d’emplois et non pas les entreprises, car ces dernières ont pour objectif la réalisation du profit. Sans cette perspective, elles ne développent pas d’activités et, par conséquent, pas d’emplois. Aujourd’hui, nous allons nous interroger sur le concept de demande. Nous ne porterons pas de jugement qualitatif ou moral sur la nature de cette demande. Nous nous contenterons d’essayer de comprendre comment elle s’articule avec la notion de croissance.

Nous distinguerons tout d’abord la demande en provenance des individus ou des ménages, celle des entreprises et celle des collectivités publiques. La demande des individus peut se décomposer en deux parties. La première comprend tous les biens indispensables à la vie quotidienne: nourriture, habillement, logement, transports, soins médicaux, instruction, culture. Ces biens sont relativement incompressibles et constituent le socle de base de l’existence. La seconde comprend tout ce dont un individu pourrait se passer sans remettre en cause son existence, par exemple des voyages, des objets de luxe, etc. La demande des entreprises est constituée de tous les biens indispensables à la réalisation de la production, qu’il s’agisse de produits ou de services (matières premières, locaux, machines, etc.). Enfin la demande des collectivités publiques repose sur tout ce qui est considéré comme nécessaire au fonctionnement général d’une société donnée (routes, bâtiments publics, écoles, hôpitaux, armements, etc.). C’est l’agrégation de cet ensemble de demandes qui alimente la croissance économique ou sa décroissance, si celle-ci est en régression.

Il faut ensuite faire la distinction entre la demande intérieure qui provient d’un territoire national donné et la demande extérieure qui provient d’autres territoires nationaux.

Enfin nous introduirons une nouvelle variable qui consiste à distinguer la demande solvable de la demande non solvable. La demande solvable est celle qui provient des personnes et entités disposant des moyens monétaires d’acheter un bien ou un service. La demande non solvable est celle en provenance d’individus ou de collectivités qui ne disposent pas des moyens monétaires ou de moyens monétaires insuffisants. On peut donner deux exemples de demande non solvable. L’habitant de l’Inde ou d’un pays africain qui mange une fois par jour par manque de ressources dispose d’une demande supérieure (manger deux ou trois fois par jour) mais il ne peut la satisfaire par absence de moyens, alors que l’offre de nourriture au niveau mondial est suffisante. Autre exemple, la personne à l’aide sociale en Suisse qui souhaiterait s’offrir un ordinateur et qui doit renoncer par manque de ressources financières.

Le propre de la production capitaliste est de ne s’intéresser qu’à la demande solvable, car c’est la seule qui lui permet de réaliser du profit. Dès lors, toute demande non solvable, même si elle est indispensable aux besoins humains, n’intéresse pas le capital, sauf si cette demande est rendue solvable par des subventions publiques, par exemple. Ainsi une économie peut être en croissance par le développement de la demande solvable et en même temps ne pas satisfaire la demande de biens essentiels parce que non solvables. La croissance de l’industrie du luxe dans de nombreux pays occidentaux, et notamment en Suisse, vise à répondre à la demande solvable des nouveaux riches dans les pays émergents, indépendamment du fait que la majorité de la population de ces pays ne parvient pas à satisfaire l’ensemble de ses besoins vitaux.

De même, une économie en récession produira moins, alors que la demande est bien présente, mais qu’elle ne peut être satisfaite en raison de la baisse du pouvoir d’achat des ménages ou des collectivités publiques. L’exemple actuel de la Grèce est à cet égard illustratif.

Si nous faisons abstraction de nos schémas de pensée basés sur l’existant, nous devons donc constater que la production de biens et services ne s’effectue pas d’abord pour répondre aux besoins prépondérants de la population, mais en fonction des exigences du capital.

Politique monétaire: rachat par la BCE de 60 milliards d'euros de dette chaque mois bon pour l'économie réelle

Source: Le Monde, propos recueillis par Cédric Pietralunga (Envoyé spécial à Davos)

Aprés des semaines de rumeurs, la Banque centrale européenne (BCE) a dévoilé, jeudi 22 janvier, son nouveau plan, qui prévoit le rachat de 60 milliards d'euros de dette chaque mois. Etalé sur dix-huit mois, jusqu'en septembre 2016, le programme pèse au total plus de 1 000 milliards d'euros.

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Jean-Michel Six, économiste en chef de l'agence Standard & Poor's pour la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique, estime que la BCE s'est engagée dans « un programme très agressif ».

Quel sera l'impact des mesures annoncées par la BCE sur les pays du sud de l'Europe ?

Il s'agit d'un programme très agressif de par sa taille. A ce titre, il va permettre de comprimer un peu plus l'écart de taux sur les emprunts d'Etat – le fameux « spread » – entre les pays les plus vertueux, comme l'Allemagne ou les pays nordiques, et le reste de l'Europe. Les investisseurs auront l'assurance que la BCE achètera sur le marché secondaire une partie de leurs créances. Ils devraient donc se montrer plus prolixes et prendre davantage de risques. Il est difficile de prévoir l'ampleur de ce mouvement mais cela peut donner un coup de pouce supplémentaire aux pays en plein retournement, comme l'Espagne.

La population de ces pays verra-t-elle les choses changer ?

En rachetant de la dette d'Etat, notamment aux banques qui la détiennent, la BCE va leur permettre de nettoyer un peu plus leurs bilans. Là aussi c'est difficile à quantifier mais cela devrait permettre aux organismes financiers d'injecter plus de liquidités dans l'économie et donc profiter à la population. Les gens auront à nouveau la possibilité d'obtenir un crédit pour acheter une maison ou une voiture. C'est bon pour l'économie réelle.

L'Allemagne craint que ces mesures ne profitent essentiellement à la Grèce et ne la détournent des réformes. Trouvez-vous cela justifié ?

Non, car 80 % de la dette grecque se trouve déjà dans les mains de la BCE ou des Etats européens. Le pays ne bénéficiera donc pas directement de la politique de rachat décidée par Mario Draghi [le président de la BCE]. Je ne pense pas non plus que cela va faire revenir les investisseurs, en tout cas pas tout de suite : ils sont encore trop échaudés. Néanmoins, si la Grèce ou d'autres pays européens pensent que la BCE va tout régler et qu'ils n'ont plus besoin de rien faire, on va à la catastrophe. La BCE ne pourra pas réussir toute seule à relancer la croissance.

€CONOMIA - le jeu sur la politique monétaire de la BCE (alternative: MOPOS, le jeu iconomix sur la BNS).

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