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Un joli édito pour tenter d’expliquer le fonctionnement du canton genevois

Source: Le Temps (Laure Lugon)

Dans la petite famille des cantons romands, Genève tient un peu le rôle de la vieille tante excentrique. Celle qui fait de sa singularité une gloire, tantôt suffisante, tantôt provocatrice, souvent capricieuse. Cette semaine, le canton n’a pas fait mentir sa légende. Après avoir réagi vertement aux mesures annoncées par Alain Berset, tout comme ses voisins latins, il n’a cependant pas daigné signer le communiqué conjoint des six autres cantons romands, à la suite de la consultation lancée par le Conseil fédéral. Faute de temps, semble-t-il. A d’autres.

Evidemment, nul ne remet en cause les souverainetés permises par le fédéralisme. Celui-ci a ses exigences, ses subtilités, ses coquetteries et son amour-propre. Genève manifeste son exception, et alors? Disons que c’est malhabile, une occasion manquée de montrer envers les autres Romands une solidarité dans l’épreuve et d’offrir à la Confédération un front véritablement uni. C’est la deuxième fois en peu de temps que Genève joue les originaux. Déjà, début novembre, le bout du lac avait essuyé les critiques en fermant ses commerces et ses restaurants sans concertation avec les cantons voisins. Et cette semaine, rebelote.

Si cela devait être un mouvement d’humeur d’une République parfois fantasque, passe encore. Mais on a plutôt l’impression d’une cacophonie et d’un manque d’unité au sein du gouvernement. Empêtré dans les affaires Maudet – pluriel requis au vu des différents rebondissements –, soumis aux défis d’une crise sans précédent, le gouvernement semble incapable de cohésion autour de positions fortes et assumées. Cantons et Confédération sont certes écartelés entre les exigences sanitaires et les besoins économiques. Cette tension s’exprime d’ailleurs dans toutes les décisions, faisant hurler les citoyens (auto-promus experts) au manque de cohérence. Mais à Genève plus qu’ailleurs, cette tension est manifeste. C’est peut-être l’explication la plus plausible à l’absence de paraphe au bas du document commun.

"The hacking of the American mind" dénonce les procédés visant à rendre les consommateurs dépendants des systèmes de récompense mis en place par diverses industries

Source: Les Echos

Dans "The hacking of the American mind", vous faites un parallèle entre les algorithmes et le sucre, en indiquant que les économies occidentales sont de plus en plus orientées vers la logique de récompense à court terme. Serions-nous tous en train de devenir des rats de laboratoire aux mains de la Silicon Valley?

C’est une façon de voir les choses… À la différence près que si nous étions des rats de laboratoire, cela signifierait qu’une expérimentation est en cours. Or, l’expérimentation est déjà terminée. L’industrie alimentaire, celle du divertissement, celle de la politique, savent déjà comment pirater notre système limbique (le cerveau émotionnel) pour leurs propres intérêts. Nous ne pouvons pas régler ce problème puisque nous n’avons même pas conscience que nous sommes manipulés. Nous considérons cette manipulation comme le résultat d’une nouvelle culture qui s’impose à tous, faisant partie d’une logique économique qui ne doit pas être contrariée.

Savons-nous encore faire la différence entre plaisir et bonheur?

De nombreuses étapes ont mené à la situation actuelle. Il fut un temps où nos ancêtres savaient faire la différence entre plaisir et bonheur. Aristote avait employé le terme "Eudemonia", qui signifie une forme de contentement profond n’impliquant rien de plus que ce qui est ici, présentement. La notion de récompense peut faire partie de cet état de contentement inconditionnel, mais elle représente tout de même un phénomène différent, que nos ancêtres savaient mieux distinguer. Cette notion a été la source d’une défiance initiée à la fin du XVIIIe siècle par Jeremy Bentham, un philosophe qui a été l’un des fondateurs de l’University College London. Son credo a été de chercher à quantifier le bonheur, ce qui a mené à la doctrine de l’utilitarisme. Bentham a été le premier à théoriser l’idée que le plaisir et le bonheur signifiaient la même chose.

Au-delà, le système actuel a-t-il davantage intérêt à entretenir nos plaisirs plutôt qu’à nous faire atteindre un bonheur durable?

Les marchés boursiers ont prospéré avec cette notion selon laquelle le bonheur des gens était directement corrélé au cours des actions. Cela jusqu’à la crise de 1929, justement provoquée par l’effondrement des actions. Aux Etats-Unis, Simon Kuznets a ensuite contribué à créer un instrument de mesure de la richesse nationale, le produit intérieur brut, pour surveiller au plus près la sortie de crise économique des Etats-Unis. Il a insisté sur le fait que ce n’était pas une mesure du bien-être social, mais simplement un moyen de trouver des repères au cœur d’une économie défaillante. Mais il n’a pas été écouté et le PIB est devenu l’équivalent du bonheur national.

Cette croyance dans les pouvoirs du "toujours plus" s’est notamment exprimée à travers notre alimentation, comme vous l’avez écrit dans divers ouvrages…

L’un des facteurs qui modifient le plus les niveaux de dopamine et de sérotonine et leur rôle dans le plaisir et le bonheur, c’est en effet l’alimentation. Qui a évolué dans des proportions spectaculaires depuis quelques décennies, en conséquence des nouveaux outils économiques mis au service de la consommation, mais aussi de la consommation mise au service de ces outils économiques. La dopamine, et quelques substances comme le sucre ou les acides aminés, ont aujourd’hui un rôle primordial, et souvent négatif, dans la consommation alimentaire.

En quoi cette sur-sollicitation de nos circuits de dopamine nuit-elle à notre bonheur?

Nous entrons ici dans le champ de la neuroscience, avec toute sa part de faits établis et de mystères. La dopamine est un neurotransmetteur qui excite les neurones, mais qui tue aussi rapidement les cellules neuronales. Le flux chronique de dopamine vers les mêmes neurones est un processus destructeur. En réaction, les récepteurs des neurones ont un plan B, un processus d’autodéfense: ils savent qu’un trop-plein de dopamine va tuer des cellules neuronales, ils se régulent donc. Le problème, c’est qu’un niveau égal de satisfaction est exigé par la mémoire. Il faut donc plus de dopamine pour pouvoir entrer dans un nombre de récepteurs qui s’est réduit, afin de garder le même niveau de plaisir, lié au souvenir des précédents épisodes. Les doses doivent donc augmenter, qu’il s’agisse de sucre, ou d’autres produits ou habitudes, ce qui provoque une addiction…

Peut-on réellement accéder au bonheur sans plaisirs intenses, comme l’alcool, le sexe, les jeux vidéos, le sport, la musique, le sucre, ou tout autre expédient, autrement dit sans excitation régulière des circuits de dopamine?

Que l’on soit bien d’accord: la dopamine est nécessaire à la survie des espèces. Elle est l’élément qui vous fait vous lever le matin, qui vous motive à aller travailler. Mais la dopamine est aussi l’élément moteur de tous ces aliments industriels, fast food et produits sucrés qui sont vendus à des fins purement mercantiles, qui nuisent à la santé des individus et qui sont donc nuisibles à leur bonheur sur le long terme. La grande oubliée de ces questions relatives au plaisir et au bonheur, c’est la sérotonine. À la différence de la dopamine, elle n’excite pas les neurones, mais les met au repos. Les récepteurs n’ont pas besoin de réguler les flux de sérotonine, qui ne tuent pas les cellules neuronales. Une overdose de bonheur, ou de bien-être, véhiculé par la sérotonine, est donc possible. Le seul problème ici est le moment où la dopamine intervient, et régule la sérotonine. Plus vous chercher à reproduire un bonheur passé, plus les niveaux de dopamine sont élevés. Et plus vous cherchez ce plaisir perdu, plus vous devenez malheureux, à plus forte raison si des éléments comme le stress physique ou émotionnel, un traumatisme d’enfance, une fatigue générale, inhibent les récepteurs de sérotonine.

L’industrie pharmaceutique semble elle-même profiter du "marché" de la sérotonine. Ses antidépresseurs à base de SSRI (inhibiteurs de recapture de sérotonine) sont administrés à tout-va, et semblent nier le caractère naturel, et peut-être même formateur, d’une dépression…

Je ne classerais pas l’industrie pharmaceutique au même niveau que l’industrie alimentaire. Les fabricants de SSRI sélectionnent en fait des processus cérébraux permettant d’augmenter les niveaux de sérotonine, ce qui permet aux patients de se sentir mieux, même s’ils n’avaient aucun trouble dépressif. Le problème, c’est que la plupart des gens qui sont dépressifs ne savent pas vraiment ce qu’est une dépression. On constate ici, en Californie, que la légalisation de la marijuana a entraîné une baisse des prescriptions d’antidépresseurs. Mais ça ne veut pas dire que c’est plus efficace pour traiter des symptômes dépressifs, c’est surtout que les gens veulent avoir le contrôle sur leur médication. Des dépressions peuvent aussi être camouflées et aggravées par une fuite dans les "hits" de dopamine, que ce soit par la boulimie, les jeux vidéos, les drogues, les jeux de hasard, les conduites à risque, et par toutes ces échappatoires que la société nous propose et qui nous aveuglent.

Au bout du compte, ce distinguo entre dopamine et sérotonine, entre plaisir et bonheur, entre consommation et contemplation, ne revient-il pas regretter l’absence de spiritualité, dans un monde où plus rien n’est laissé au hasard, pas même l’intimité?

On peut en effet reconnaître qu’avoir la sensation de faire partie d’un ensemble plus grand que son simple corps, que son simple ego, participe d’un bien-être relevant de la sérotonine, plus que de la dopamine. Le simple fait d’interagir avec des gens partageant cette même vision collective, dans une église, une synagogue ou une mosquée, active les neurones miroirs et amène chacun à imiter les expressions des autres. La dopamine frappe lorsque le pasteur, le rabbin ou l’imam répètent des thèses religieuses auxquelles les sujets s’attendent plus ou moins, sous des formes différentes. Ces discours deviennent alors une forme de récompense, à plus forte raison si elle suscite des émotions fortes. Un neuroscientifique de l’Université de Californie, à Los Angeles (UCLA), Sam Harris, à fait une expérience conjointe avec quinze croyants pieux et quinze athées. Il leur a lu des messages tout en scannant l’activité de leur cerveau par imagerie à résonance magnétique. Dans les deux cas, lors qu’il lisait des messages allant dans le sens de leurs croyances ou idées, les niveaux de dopamine augmentaient fortement. Lorsqu’il lisait des messages qu’aucun des groupes ne validait, le niveau de dopamine ne bougeait pas. Comme la dopamine, la religion est à double tranchant.

Parler de la consommation d'alcool: nouveau site

Source: RTS / ATS

L'association romande CIAO a développé un site (bourredesavoir.ch/) dans le cadre du Projet national Alcool (PNA), qui vise à lutter contre la consommation problématique et la dépendance à l'alcool.

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Le but du site est de donner aux jeunes de Suisse romande des outils pour prendre des décisions en connaissance de cause en misant sur le non-jugement et l'autonomisation.

Le site répond à des questions très pratiques telles que "A-t-on le droit de rouler à vélo si on a bu?" ou "Est-ce que les effets de l'alcool diminuent en cas de consommation régulière?".

La plateforme propose également aux adolescents des tests sur leur consommation, des quiz et des conseils, souligne le communiqué.

Trend financier: boîte à outils

Source: Le Temps

La mesure du sentiment des investisseurs et des mouvements de capitaux des banques centrales est essentielle pour savoir si l’on change de tendance. Dans cette analyse, tous les signaux ne se valent pas.

Tout le monde s’accorde à reconnaître que les principaux marchés d’actions sont chers. Mais cette observation ne sert à rien. Le sommet est-il déjà atteint, le sera-t-il dans deux ans? Après neuf ans de hausse, est-ce que la récente correction traduit un changement de tendance? Rien n’est plus coûteux que de ne pas savoir si les actions sont dans un cycle haussier, stable ou baisser.

Les instruments qui permettent de discerner la tendance existent, explique Cédric Spahr, analyste auprès de J. Safra Sarasin. Le financier vaudois a développé une boîte à outils destinée aux investisseurs prudents leur permettant "d’évaluer le risque des actions et de réduire la perte possible du portefeuille, d’en profiter et de réagir à l’apparition de signaux annonçant qu’une nouvelle tendance a démarré".

Un modèle original

Afin d’éviter que l’investisseur ne soit surpris par des événements tels que la crise de 2008, l’analyste a élaboré une boîte de 40 outils (variables), qu’il appelle un modèle de "scoring". "Je n’ai rien vu de comparable dans la branche", nous explique-t-il.

Les informations ainsi glanées donnent un score qui in fine permet de savoir s’il y a un changement de tendance. "Ce n’est jamais infaillible, mais la force de ce modèle est de capturer les grandes tendances haussières ou baissières. L’idée consiste à rester sur un marché haussier le plus longtemps possible et d’éviter les grandes pertes des marchés structurellement baissiers qui se produisent parfois tous les huit à dix ans", résume Cédric Spahr.

Ces outils utilisent les informations disponibles sur le marché à un moment donné pour émettre une opinion. Il n’est pas possible d’en déduire une prévision de marché pour les prochains trimestres ou les prochaines années. Mais le modèle donne un signal qui peut osciller du positif au négatif et capture une tendance. L’investisseur doit savoir la tendance du moment. Certes il doit avoir un horizon de placement à long terme, mais il est crucial de réagir tactiquement en fonction de l’évolution de l’environnement.

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"Beaucoup d’observateurs considèrent par exemple le sentiment du marché comme partiellement irrationnel. Mais ce sont précisément les mesures de ce dernier qui déterminent en bonne partie la tendance", déclare Cédric Spahr.

Les quatre catégories d’outils

La boîte à 40 outils peut être répartie en quatre grandes catégories:

1. Les outils cycliques: le cycle peut être évalué de façon plus précise à l’aide de signaux de marché qu’à l’aide des statistiques officielles. L’analyste considère les cours des matières premières (amélioration de la conjoncture en cas de hausse des cours), les taux d’intérêt réels (amélioration en cas de hausse), la tendance des bénéfices des entreprises, les surprises sur l’évolution de l’indice des directeurs d’achat.

Les indicateurs conjoncturels sont encore très solides. Cet avis est confirmé par exemple par les matières premières.

2. Liquidité: le terme de liquidité des marchés est employé fréquemment en bourse. Plus elle s’accroît et plus la tendance est ferme. Mais il importe de la définir précisément. Cédric Spahr utilise l’évolution de la courbe des taux d’intérêt, historiquement le meilleur indicateur avancé d’une récession (si les taux à long terme dépassent progressivement les taux à court terme – aplanissement de la courbe de taux). Si la courbe se pentifie (taux longs de plus en plus supérieurs aux taux courts), c’est un signe d’accélération de la conjoncture et un signal de sur-performance des actions cycliques (technologiques, financières).

Il observe également, depuis huit ans, l’évolution des bilans des grandes banques centrales en réponse aux politiques d’assouplissement quantitatif (QE). Plus le taux de croissance des bilans augmente et plus les actions sont haussières. A l’inverse, plus le taux de variation diminue et plus les bourses sont vulnérables. Ce n’est donc pas le niveau absolu des bilans qui importe, mais la variation en rythme annuel.

Aujourd’hui, en 2018 et à l’inverse des années précédentes, l’impact de la liquidité des banques centrales deviendra négligeable, selon l’analyste de Safra Sarasin.

D’autres indicateurs sont à étudier: l’écart entre la croissance de la masse monétaire (agrégat M3) et la production industrielle (plus cet écart augmente et plus les actions sont fermes), ainsi que les taux d’intérêt. Aujourd’hui, avec le programme de réforme fiscale américaine, la conjoncture est stimulée, ce qui pousse les taux à la hausse. "Les investisseurs considèrent que ce stimulus est favorable aux actions, alors que la hausse des taux réduit la liquidité. Beaucoup ne comprennent pas qu’un facteur ayant un effet positif sur le cycle ait un impact négatif sur la liquidité, donc sur les actions", explique Cédric Spahr.

3. Évaluation: les critères traditionnels d’évaluation des actions jouent un rôle inférieur au sentiment ou à la liquidité, parce que leur utilité n’est visible qu’à moyen ou long terme. Il s’agit du multiple des bénéfices (PER) ou des fonds propres (price/book), du rendement du dividende, de la prime de risque (écart entre le rendement des bénéfices et le rendement des obligations d’Etat).

Aujourd’hui, l’évaluation est assez chère.

4. Sentiment: les indicateurs de sentiment jouent un rôle crucial. Ce sont eux qui tirent les enseignements de la finance comportementale, la discipline qui montre les limites de la théorie d’efficience des marchés. On peut l’observer à travers les sondages auprès des investisseurs (institutionnels ou privés) afin de savoir s’ils sont positifs ou non à l’égard des actions. "Tous reflètent la façon dont les investisseurs pensent, agissent et se positionnent", selon l’analyste.

Ces indicateurs peuvent être regroupés en trois segments: le sentiment du marché, le positionnement des investisseurs et les flux des investisseurs. Le premier se reflète par exemple mesuré par l’activité de fusions et acquisitions.

Aujourd’hui, les fusions et acquisitions restent encore éloignées des niveaux record. Or un sommet de marché coïncide souvent avec une forte vague d’acquisitions. C’est précisément l’un des points qui suggère que les actions peuvent encore progresser, selon Cédric Spahr.

Les informations fournies par les grands ETF

L’épargnant peut aussi déduire la tendance des entrées ou des sorties de fonds sur les grands ETF (Exchange-Traded Fund, fonds indiciels côtés en bourse qui répliquent la performance d'un indice), par exemple l’ETF SPDR sur l’indice S&P 500 ou l’ETF sur le Nasdaq 100. En effet plus les investisseurs accumulent ce type d’ETF extrêmement populaires et liquides, plus ils cherchent à acheter le marché dans sa totalité. Ce choix de produits indiciels traduit une moindre conviction que celui d’un fonds géré activement. Les ETF semblent en effet amplifier les tendances psychologiques sur les marchés puisque ce sont les sociétés les plus capitalisées (Apple, Amazon, etc.) qui sont les plus fortement représentées dans ces produits.

En janvier, de fortes entrées ont pu être constatées sur ces produits indiciels et durant la récente secousse boursière des sorties presque équivalentes ont pu être observées en quelques jours. Lorsque les investisseurs prennent peur, ce sont ces produits qui sont vendus en premier.

D’autres variables sont analysées, comme la volatilité implicite ou les opérations sur les options d’achat et de vente, mais qui sont difficiles à traiter pour un épargnant qui ne dispose pas des outils professionnels.

L’analyste pondère ensuite ces nombreux facteurs de façon dynamique. Aujourd’hui, que déduire de ces signaux? "Nous ne sommes pas entièrement baissiers, mais nous faisons une transition entre une période de très basse volatilité à une autre plus normale, notamment en raison de la hausse des taux d’intérêt réels et d’une réduction de la liquidité des marchés. Il en résulte un environnement où les primes de risque ont tendance à augmenter, observe Cédric Spahr. En conclusion, même si nous ne sommes pas baissiers, nous risquons d’évoluer en mouvement latéral", conclut l’analyste. Les signaux restent au vert pour les valeurs cycliques (industrie, consommation discrétionnaire, financières), au rouge pour les secteurs dépendant des taux (télécoms, services aux collectivités, immobilier).

Les indicateurs de sentiment pointent vers un besoin d’ajustement. Les variables sensibles, qui ont subi le plus de changements ces dernières semaines (courbes des taux) se situent au niveau de la liquidité. Par contre les indicateurs cycliques restent au vert.

La lettre que votre adolescent ne peut pas vous écrire

Texte: Gretchen Schmelzer, psychologue américaine. Image: ski-and-bike

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Chers parents,

Voici une lettre que j'aimerais pouvoir écrire.

Ce conflit dans lequel nous sommes maintenant, j’en ai besoin. J’ai besoin de ce combat. Je ne peux pas l’expliquer parce que je n’ai pas le vocabulaire pour le faire et parce que, de toute façon, ce que je dirais n’aurait pas de sens. Mais j’ai besoin de ce combat. Désespérément.

J’ai besoin de te détester pour le moment, et j’ai besoin que tu y survives. J’ai besoin que tu survives au fait que je te haïsse et que tu me haïsses.

J’ai besoin de ce conflit, même si je le hais. Peu importe ce sur quoi nous sommes en conflit : heure du coucher, les devoirs, le linge sale, ma chambre en désordre, sortir, rester à la maison, partir de la maison, ne pas partir, la vie de famille, petit(e) ami(e), pas d’amis, mauvaises fréquentations. Peu importe. J’ai besoin de me battre avec toi au sujet de ces choses et j’ai besoin que tu t’opposes à moi en retour.

J’ai désespérément besoin que tu tiennes l’autre extrémité de la corde. Que tu t’y accroches fermement pendant que je tire de mon côté, que je tente de trouver des appuis dans ce nouveau monde auquel je sens que j’appartiens.

Avant, je savais qui j’étais, qui tu étais, qui nous étions. Mais maintenant, je ne sais plus.

En ce moment, je cherche mes limites et, parfois je ne peux les trouver qu’en te poussant à bout. Repousser les limites me permet de les découvrir. Alors je me sens exister, et pendant une minute je peux respirer.

Je sais que tu te rappelles l’enfant doux que j’étais. Je le sais, parce que cet enfant me manque aussi et, parfois, cette nostalgie est ce qu’il y a de plus pénible pour moi.

J’ai besoin de ce combat et de constater que, peu importe combien terribles ou exagérés sont mes sentiments, ils ne nous détruiront ni toi ,ni moi. Je veux que tu m’aimes même quand je donne le pire de moi-même, même quand il semble que je ne t’aime pas. J’ai besoin maintenant que tu t’aimes toi et que tu m’aimes moi, pour nous deux.

Je sais que ça craint de ne pas être aimé et d’être étiqueté comme étant le méchant. Je ressens la même chose à l’intérieur mais j’ai besoin que tu le tolères et que tu obtiennes de l’aide d’autres adultes. Parce que, moi, je ne peux pas t’aider pour le moment. Seulement ne m’abandonne pas. N’abandonne pas ce combat. J’en ai besoin.

C’est ce conflit qui va m’apprendre que mon ombre n’est pas plus grande que ma lumière. C’est ce conflit qui va m’apprendre que des sentiments négatifs ne signifient pas la fin d’une relation. C’est ce conflit qui va m’apprendre à m’écouter moi-même, quand bien même cela pourrait décevoir les autres.

Et ce conflit là prendra fin. Comme un orage, il se calmera. Et je vais l’oublier, et tu l’oublieras. Et puis il reviendra. Et j’aurai besoin que tu t’accroches de nouveau à la corde. J’en aurai besoin encore et encore, pendant des années.

Je sais qu’il n’y a rien de satisfaisant pour toi dans ce rôle. Je ne te remercierai probablement jamais pour ça, ou même, je ne reconnaîtrai jamais le rôle que tu as tenu. En fait, de ce fait, je vais sûrement te critiquer: rien de ce que tu fais ne sera jamais assez. Et pourtant, je m’appuie sur ta capacité à resister à ce conflit. Peu importe à quel point je m’oppose, peu importe combien je boude. Peu importe à quel point je m’enferme dans le silence.

S’il te plaît, accroche-toi à l’autre extrémité de la corde. Et sache que tu fais le travail le plus important que quelqu’un puisse faire pour moi en ce moment.

Avec amour, ton adolescent.

James Dyson se profile en gagnant de la canicule

Source: TDG

La Fédération romande des consommateurs le répète chaque année: tous les grands coups de chaud provoquent des pénuries de ventilateurs. Cette année encore, James Dyson se profile donc comme le grand gagnant des canicules.undefined

Cet entrepreneur, anobli en décembre 2006 par la monarchie britannique, a en effet créé en automne 2009 un ventilateur toujours cité en référence dans toute l’Europe, si ce n’est dans le monde. Cet article, le fameux Dyson cool, continue ainsi de bénéficier d’une forte demande chaque été, comme le confirmait encore l’an dernier Migros Vaud.

Le Dyson cool séduit avant tout par son esthétique, ne laissant apparaître aucune hélice. Cette spécificité convainc, en dépit de prix très élevés par rapport à ceux d’entreprises d’Extrême-Orient. "La Suisse est un marché très important pour nous. Ses consommateurs se montrent très sensibles aux charmes de la technologie", se félicite le président du directoire de Dyson Limited, Max Conze.

Des dimensions énormes

Les canicules et le réchauffement climatique ne concernent toutefois pas seulement la Suisse. Le succès des ventilateurs de Sir James Dyson (sans oublier celui de ses aspirateurs) prend donc des dimensions énormes, dans le monde entier.

Sa société a au moins triplé ses bénéfices l’an dernier sur trois marchés asiatiques: Chine, Indonésie et Philippines. Sa prochaine grande cible est évidemment l’Inde. Alors que Dyson Limited réalise déjà plus de la moitié de ses ventes et bénéfices dans la zone Asie/Pacifique. Simultanément, en comparaison par pays, les Etats-Unis restent le marché le plus important de Dyson Limited.

Divers produits

La canicule ne provoque cependant pas que des pénuries de ventilateurs sur la planète et dans la patrie de Guillaume Tell. Celle-ci apparaît ainsi comme un important marché de la crème solaire, fortement stimulé par les périodes de canicule, selon les observations de l’Association suisse des cosmétiques et des détergents.

L’an dernier, les chiffres d’affaires globaux se sont élevés à 275,4 millions de francs dans cette branche. Avec un été nettement plus chaud, en 2015, les recettes ont atteint presque 11 millions de plus. En Suisse, pays de montagnes, l’élaboration et la production de crèmes solaires relèvent de réelles traditions industrielles.

Certaines marques, présentes sur le marché mondial, en témoignent, comme Daylong (Galderma/Nestlé) ou Sherpa Tensing (Steinfels/Coop). Piz Buin, produit phare de Johnson & Johnson, porte lui-même le nom d’un sommet situé entre la Silvretta grisonne et le Vorarlberg autrichien.

Les effets de la canicule ne se limitent toutefois pas à la stimulation de la demande de certains produits. De nombreux Etats membres de l’Union européenne estiment aujourd’hui qu’environ 70% de leurs entreprises s’avèrent "météo sensibles". Celles du secteur primaire, et toutes celles utilisant des denrées alimentaires comme matières premières, sont particulièrement exposées. En été comme en hiver.

La chaleur actuelle, couplée à une forte sécheresse, provoque déjà une hausse appréciable des cours du blé en Europe. Les producteurs d’olives grecs et italiens déplorent leurs récoltes catastrophiques.

L’Association française des producteurs d’huile d’olive a évoqué en début de semaine une baisse d’un quart de l’offre de matières premières du terroir en cinq ans. Un très grand nombre de nouveaux oliviers auraient pourtant été plantés dans l’Hexagone ces dernières années.

Autre conséquence des canicules et du réchauffement climatique: les grands crus du Bordelais souffrent et sont de plus en plus chargés en alcool. Toute la carte des vignes d’Europe occidentale remonte vers le nord. Taittinger se dote actuellement de terrains et plante des vignes dans le Kent, riche en sols similaires à ceux de la Champagne. L’exil des vins à bulles commence.

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