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La prudence comptable helvétique est au service des entreprises

Source: Le Temps / Auteurs: B. Chapuis et J. Majo

Et si le droit comptable et le droit fiscal suisses étaient deux instruments clés permettant aux entreprises suisses de mieux résister que les entreprises européennes face la crise. Aucun doute, écrivent les experts-comptables tout en cherchant à faire un peu de pédagogie. L'une des raisons de la meilleure résistance des entreprises suisses que de leurs consoeurs européennes est de nature comptable, avancent B. Chapuis, Professeur associé à la HEG Arc, et J. Majo, Professeur associée à la HEIG-VD, Yverdon

Lorsque l’on explique, à l’étranger, qu’il est permis en Suisse de sous-évaluer ses stocks d’un tiers, de corriger la valeur de ses machines de 40%, voire de passer les sommes investies dans son outil de production directement en charges, l’étonnement et, des fois, la suspicion surgissent.

Pourquoi diable les Suisses permettent-ils à leurs entreprises de présenter un bénéfice plus faible que la réalité, et donc de payer moins d’impôts sur ce fameux bénéfice? Et bien, parce que cela encourage les entreprises à investir et à économiser. Et parce que l’Etat n’y perd rien, ou presque.

La prudence avant tout

Le but premier de notre droit comptable est de protéger les créanciers. Pour y parvenir, la prudence est quasiment sanctifiée! Elle se traduit notamment par des règles limitant les valeurs comptables des biens détenus par l’entreprise – les comptables parlent de valeurs plafonds pour les actifs. Ainsi, un immeuble peut être valorisé au plus à son prix d’acquisition, peu importe si sa valeur de marché a triplé en vingt ans. La prudence s’exprime également dans la possibilité de sous-évaluer les actifs, et de surévaluer arbitrairement les engagements de l’entreprise envers des tiers (les passifs). Notre droit laisse donc une très grande latitude aux comptables, leur permettant expressément de créer des réserves cachées, aussi appelées réserves latentes. Et ils ne se gênent pas! Lorsque tout va bien, les sociétés jouent les fourmis: elles réduisent artificiellement leurs bénéfices annuels générant deux avantages forts en cas de crise.

Premièrement, elles maintiennent les liquidités dans l’entreprise puisque, dans l’année en cours, elles paient moins d’impôts et moins de dividendes. Elles deviennent plus solvables. Cet argent économisé est réinvesti dans l’outil de production, en limitant l’endettement (et donc les charges d’intérêt), ou alors simplement thésaurisé. Deuxièmement, en créant ces réserves, les entreprises sont plus à même d’absorber les pertes futures.

L’Etat n’y perd rien, ou presque

Et comment se fait-il que l’Etat n’y perde rien, ou presque? Toutes les réserves latentes créées viendront à être dissoutes un jour ou l’autre, au plus tard à la liquidation de l’entreprise. Les réserves cachées sur les stocks se révèlent à la vente de ces stocks. Celles sur les machines se dissolvent dans le temps, mécaniquement. Celles sur les provisions seront dissoutes, et amélioreront donc le résultat, au moment de la dissolution même des provisions. La prudence, ancrée dans notre droit et ouvrant la porte à la diminution artificielle du bénéfice, n’est que temporaire. La charge d’impôt, apparemment économisée, n’est en réalité que reportée dans le temps. L’économie n’est effective que lorsque les taux d’imposition baissent.

Nombre d’entreprises établissent actuellement, entre avril et juin, leurs états financiers pour l’année écoulée. Doivent-elles prendre en compte les éventuelles conséquences de la propagation du COVID-19? Oui, de manière différenciée selon leur propre situation. Techniquement, nous sommes face à ce que les comptables appellent un «événement postérieur à la date du bilan», puisque le coronavirus n’est apparu en Suisse qu’à partir de janvier de cette année. Ce type d’événement ne mène normalement pas à un ajustement du bilan ni du compte de résultat au 31 décembre 2019 mais seulement à une indication circonstanciée dans l’annexe. Cependant, le comptable va redoubler d’attention quant à ses hypothèses d’évaluation, notamment en ce qui concerne le risque de pertes sur débiteurs et les chances d’écoulement des stocks. Par nature prudent, ce même comptable va certainement être tenté de créer des réserves latentes par des corrections de valeurs supplémentaires ou par la constitution de provisions pour risques futurs non nécessaires à l’exploitation et potentiellement combattues sur le plan fiscal. Néanmoins, certains cantons bien inspirés acceptent cette pratique, tout en instaurant des limites.

Réfléchir en termes d’optimisation fiscale est l’apanage des sociétés riches. Les réflexions fiscales sont malheureusement tout à fait secondaires pour les entreprises souffrant énormément des conséquences de la «situation extraordinaire» actuelle. Certaines sociétés le savent déjà: elles ne survivront pas, que ce soit en raison de l’effondrement durable du marché et/ou d’une impasse de liquidités. Comptablement, ces entreprises doivent alors dresser leur bilan aux valeurs de liquidation, impliquant la plupart du temps l’apparition d’un surendettement, l’annonce au juge et éventuellement l’ouverture de la faillite.

Intelligence, souplesse et ouverture

Notre droit comptable et son pendant fiscal ont été élaborés en toute intelligence pour permettre aux PME d’être précautionneuses, de jouer aux fourmis ou aux écureuils. Cette législation fait partie des conditions-cadres qui stimulent – face aux crises – la résilience de nos entreprises. A elles de saisir les possibilités offertes par le droit dans le cadre de la clôture de leurs comptes 2019! Aux administrations fiscales de faire preuve de souplesse et d’ouverture dans le respect des contraintes légales qui sont les leurs!

 

 

Césars: «Désormais on se lève et on se barre», par Virginie Despentes

Je vais commencer comme ça: soyez rassurés, les puissants, les boss, les chefs, les gros bonnets: ça fait mal. On a beau le savoir, on a beau vous connaître, on a beau l’avoir pris des dizaines de fois votre gros pouvoir en travers de la gueule, ça fait toujours aussi mal. Tout ce week-end à vous écouter geindre et chialer, vous plaindre de ce qu’on vous oblige à passer vos lois à coups de 49.3 et qu’on ne vous laisse pas célébrer Polanski tranquilles et que ça vous gâche la fête mais derrière vos jérémiades, ne vous en faites pas: on vous entend jouir de ce que vous êtes les vrais patrons, les gros caïds, et le message passe cinq sur cinq: cette notion de consentement, vous ne comptez pas la laisser passer. Où serait le fun d’appartenir au clan des puissants s’il fallait tenir compte du consentement des dominés ? Et je ne suis certainement pas la seule à avoir envie de chialer de rage et d’impuissance depuis votre belle démonstration de force, certainement pas la seule à me sentir salie par le spectacle de votre orgie d’impunité.

Il n’y a rien de surprenant à ce que l’académie des césars élise Roman Polanski meilleur réalisateur de l’année 2020. C’est grotesque, c’est insultant, c’est ignoble, mais ce n’est pas surprenant. Quand tu confies un budget de plus de 25 millions à un mec pour faire un téléfilm, le message est dans le budget. Si la lutte contre la montée de l’antisémitisme intéressait le cinéma français, ça se verrait. Par contre, la voix des opprimés qui prennent en charge le récit de leur calvaire, on a compris que ça vous soûlait. Alors quand vous avez entendu parler de cette subtile comparaison entre la problématique d’un cinéaste chahuté par une centaine de féministes devant trois salles de cinéma et Dreyfus, victime de l’antisémitisme français de la fin du siècle dernier, vous avez sauté sur l’occasion. Vingt-cinq millions pour ce parallèle. Superbe. On applaudit les investisseurs, puisque pour rassembler un tel budget il a fallu que tout le monde joue le jeu: Gaumont Distribution, les crédits d’impôts, France 2, France 3, OCS, Canal +, la RAI… la main à la poche, et généreux, pour une fois. Vous serrez les rangs, vous défendez l’un des vôtres. Les plus puissants entendent défendre leurs prérogatives: ça fait partie de votre élégance, le viol est même ce qui fonde votre style. La loi vous couvre, les tribunaux sont votre domaine, les médias vous appartiennent. Et c’est exactement à cela que ça sert, la puissance de vos grosses fortunes: avoir le contrôle des corps déclarés subalternes. Les corps qui se taisent, qui ne racontent pas l’histoire de leur point de vue. Le temps est venu pour les plus riches de faire passer ce beau message: le respect qu’on leur doit s’étendra désormais jusqu’à leurs bites tachées du sang et de la merde des enfants qu’ils violent. Que ça soit à l’Assemblée nationale ou dans la culture – marre de se cacher, de simuler la gêne. Vous exigez le respect entier et constant. Ça vaut pour le viol, ça vaut pour les exactions de votre police, ça vaut pour les césars, ça vaut pour votre réforme des retraite. C’est votre politique: exiger le silence des victimes. Ça fait partie du territoire, et s’il faut nous transmettre le message par la terreur vous ne voyez pas où est le problème. Votre jouissance morbide, avant tout. Et vous ne tolérez autour de vous que les valets les plus dociles. Il n’y a rien de surprenant à ce que vous ayez couronné Polanski: c’est toujours l’argent qu’on célèbre, dans ces cérémonies, le cinéma on s’en fout. Le public on s’en fout. C’est votre propre puissance de frappe monétaire que vous venez aduler. C’est le gros budget que vous lui avez octroyé en signe de soutien que vous saluez – à travers lui c’est votre puissance qu’on doit respecter.

Il serait inutile et déplacé, dans un commentaire sur cette cérémonie, de séparer les corps de cis mecs aux corps de cis meufs. Je ne vois aucune différence de comportements. Il est entendu que les grands prix continuent d’être exclusivement le domaine des hommes, puisque le message de fond est: rien ne doit changer. Les choses sont très bien telles qu’elles sont. Quand Foresti se permet de quitter la fête et de se déclarer «écœurée», elle ne le fait pas en tant que meuf – elle le fait en tant qu’individu qui prend le risque de se mettre la profession à dos. Elle le fait en tant qu’individu qui n’est pas entièrement assujetti à l’industrie cinématographique, parce qu’elle sait que votre pouvoir n’ira pas jusqu’à vider ses salles. Elle est la seule à oser faire une blague sur l’éléphant au milieu de la pièce, tous les autres botteront en touche. Pas un mot sur Polanski, pas un mot sur Adèle Haenel. On dîne tous ensemble, dans ce milieu, on connaît les mots d’ordre: ça fait des mois que vous vous agacez de ce qu’une partie du public se fasse entendre et ça fait des mois que vous souffrez de ce qu’Adèle Haenel ait pris la parole pour raconter son histoire d’enfant actrice, de son point de vue.

Alors tous les corps assis ce soir-là dans la salle sont convoqués dans un seul but: vérifier le pouvoir absolu des puissants. Et les puissants aiment les violeurs. Enfin, ceux qui leur ressemblent, ceux qui sont puissants. On ne les aime pas malgré le viol et parce qu’ils ont du talent. On leur trouve du talent et du style parce qu’ils sont des violeurs. On les aime pour ça. Pour le courage qu’ils ont de réclamer la morbidité de leur plaisir, leur pulsion débile et systématique de destruction de l’autre, de destruction de tout ce qu’ils touchent en vérité. Votre plaisir réside dans la prédation, c’est votre seule compréhension du style. Vous savez très bien ce que vous faites quand vous défendez Polanski: vous exigez qu’on vous admire jusque dans votre délinquance. C’est cette exigence qui fait que lors de la cérémonie tous les corps sont soumis à une même loi du silence. On accuse le politiquement correct et les réseaux sociaux, comme si cette omerta datait d’hier et que c’était la faute des féministes mais ça fait des décennies que ça se goupille comme ça: pendant les cérémonies de cinéma français, on ne blague jamais avec la susceptibilité des patrons. Alors tout le monde se tait, tout le monde sourit. Si le violeur d’enfant c’était l’homme de ménage alors là pas de quartier: police, prison, déclarations tonitruantes, défense de la victime et condamnation générale. Mais si le violeur est un puissant: respect et solidarité. Ne jamais parler en public de ce qui se passe pendant les castings ni pendant les prépas ni sur les tournages ni pendant les promos. Ça se raconte, ça se sait. Tout le monde sait. C’est toujours la loi du silence qui prévaut. C’est au respect de cette consigne qu’on sélectionne les employés.

Et bien qu’on sache tout ça depuis des années, la vérité c’est qu’on est toujours surpris par l’outrecuidance du pouvoir. C’est ça qui est beau, finalement, c’est que ça marche à tous les coups, vos saletés. Ça reste humiliant de voir les participants se succéder au pupitre, que ce soit pour annoncer ou pour recevoir un prix. On s’identifie forcément – pas seulement moi qui fais partie de ce sérail mais n’importe qui regardant la cérémonie, on s’identifie et on est humilié par procuration. Tant de silence, tant de soumission, tant d’empressement dans la servitude. On se reconnaît. On a envie de crever. Parce qu’à la fin de l’exercice, on sait qu’on est tous les employés de ce grand merdier. On est humilié par procuration quand on les regarde se taire alors qu’ils savent que si Portrait de la jeune fille en feu ne reçoit aucun des grands prix de la fin, c’est uniquement parce qu’Adèle Haenel a parlé et qu’il s’agit de bien faire comprendre aux victimes qui pourraient avoir envie de raconter leur histoire qu’elles feraient bien de réfléchir avant de rompre la loi du silence. Humilié par procuration que vous ayez osé convoquer deux réalisatrices qui n’ont jamais reçu et ne recevront probablement jamais le prix de la meilleure réalisation pour remettre le prix à Roman fucking Polanski. Himself. Dans nos gueules. Vous n’avez décidément honte de rien. Vingt-cinq millions, c’est-à-dire plus de quatorze fois le budget des Misérables, et le mec n’est même pas foutu de classer son film dans le box-office des cinq films les plus vus dans l’année. Et vous le récompensez. Et vous savez très bien ce que vous faites – que l’humiliation subie par toute une partie du public qui a très bien compris le message s’étendra jusqu’au prix d’après, celui des Misérables, quand vous convoquez sur la scène les corps les plus vulnérables de la salle, ceux dont on sait qu’ils risquent leur peau au moindre contrôle de police, et que si ça manque de meufs parmi eux, on voit bien que ça ne manque pas d’intelligence et on sait qu’ils savent à quel point le lien est direct entre l’impunité du violeur célébré ce soir-là et la situation du quartier où ils vivent. Les réalisatrices qui décernent le prix de votre impunité, les réalisateurs dont le prix est taché par votre ignominie – même combat. Les uns les autres savent qu’en tant qu’employés de l’industrie du cinéma, s’ils veulent bosser demain, ils doivent se taire. Même pas une blague, même pas une vanne. Ça, c’est le spectacle des césars. Et les hasards du calendrier font que le message vaut sur tous les tableaux: trois mois de grève pour protester contre une réforme des retraites dont on ne veut pas et que vous allez faire passer en force. C’est le même message venu des mêmes milieux adressé au même peuple: «Ta gueule, tu la fermes, ton consentement tu te le carres dans ton cul, et tu souris quand tu me croises parce que je suis puissant, parce que j’ai toute la thune, parce que c’est moi le boss.»

Alors quand Adèle Haenel s’est levée, c’était le sacrilège en marche. Une employée récidiviste, qui ne se force pas à sourire quand on l’éclabousse en public, qui ne se force pas à applaudir au spectacle de sa propre humiliation. Adèle se lève comme elle s’est déjà levée pour dire voilà comment je la vois votre histoire du réalisateur et son actrice adolescente, voilà comment je l’ai vécue, voilà comment je la porte, voilà comment ça me colle à la peau. Parce que vous pouvez nous la décliner sur tous les tons, votre imbécillité de séparation entre l’homme et l’artiste – toutes les victimes de viol d’artistes savent qu’il n’y a pas de division miraculeuse entre le corps violé et le corps créateur. On trimballe ce qu’on est et c’est tout. Venez m’expliquer comment je devrais m’y prendre pour laisser la fille violée devant la porte de mon bureau avant de me mettre à écrire, bande de bouffons.

Adèle se lève et elle se casse. Ce soir du 28 février on n’a pas appris grand-chose qu’on ignorait sur la belle industrie du cinéma français par contre on a appris comment ça se porte, la robe de soirée. A la guerrière. Comme on marche sur des talons hauts: comme si on allait démolir le bâtiment entier, comment on avance le dos droit et la nuque raidie de colère et les épaules ouvertes. La plus belle image en quarante-cinq ans de cérémonie – Adèle Haenel quand elle descend les escaliers pour sortir et qu’elle vous applaudit et désormais on sait comment ça marche, quelqu’un qui se casse et vous dit merde. Je donne 80% de ma bibliothèque féministe pour cette image-là. Cette leçon-là. Adèle je sais pas si je te male gaze ou si je te female gaze mais je te love gaze en boucle sur mon téléphone pour cette sortie-là. Ton corps, tes yeux, ton dos, ta voix, tes gestes tout disait: oui on est les connasses, on est les humiliées, oui on n’a qu’à fermer nos gueules et manger vos coups, vous êtes les boss, vous avez le pouvoir et l’arrogance qui va avec mais on ne restera pas assis sans rien dire. Vous n’aurez pas notre respect. On se casse. Faites vos conneries entre vous. Célébrez-vous, humiliez-vous les uns les autres tuez, violez, exploitez, défoncez tout ce qui vous passe sous la main. On se lève et on se casse. C’est probablement une image annonciatrice des jours à venir. La différence ne se situe pas entre les hommes et les femmes, mais entre dominés et dominants, entre ceux qui entendent confisquer la narration et imposer leurs décisions et ceux qui vont se lever et se casser en gueulant. C’est la seule réponse possible à vos politiques. Quand ça ne va pas, quand ça va trop loin ; on se lève on se casse et on gueule et on vous insulte et même si on est ceux d’en bas, même si on le prend pleine face votre pouvoir de merde, on vous méprise on vous dégueule. Nous n’avons aucun respect pour votre mascarade de respectabilité. Votre monde est dégueulasse. Votre amour du plus fort est morbide. Votre puissance est une puissance sinistre. Vous êtes une bande d’imbéciles funestes. Le monde que vous avez créé pour régner dessus comme des minables est irrespirable. On se lève et on se casse. C’est terminé. On se lève. On se casse. On gueule. On vous emmerde.

Un ado pincé pour pédopornographie à Genève après le partage d'une vidéo

Source: RTS

Ce partage a été repéré par les autorités américaines. Le jeune de 15 ans avait accompagné la vidéo montrant un acte sexuel entre un adulte et une mineure d'une mention "Il y a des gens qui méritent d'aller en enfer", a confirmé jeudi son avocate Jacqueline Mottard en revenant sur une information de la Tribune de Genève.

L'adolescent a posté cette vidéo pendant l'été et son geste a été détecté par l'algorithme d'un organisme travaillant pour le FBI. Le cas a été ensuite signalé à la Police fédérale (Fedpol), qui a transféré le dossier à la police genevoise. Au terme de la procédure, l'adolescent a été reconnu coupable de pédopornographie et a écopé d'une réprimande.

https://www.rts.ch/play/tv/redirect/detail/10865796

Selon son avocate, le fait qu'un partage de vidéo sur Snapchat puisse constituer une infraction "ne lui a même pas traversé l'esprit". Elle constate un décalage important entre le monde juridique et le monde numérique et déplore un manque d'information à ce sujet. Au final, cette infraction ne figurera pas dans le casier judiciaire de l'adolescent.

https://www.rts.ch/play/tv/redirect/detail/10865693

Fabiano Citroni: "Si vous partagez des vidéos illicites pour dénoncer leur contenu, vous risquez quand même une condamnation"

Dénonciations du FBI en nette hausse

Les dénonciations provenant des autorités américaines concernant des infractions commises sur internet sont en très forte augmentation. Selon Fedpol, 484 signalements ont été reçus en 2014, 2900 en 2016 et 9000 en 2018.

L'an dernier, les cas délictueux étaient au nombre de 987, les autres étant des contenus non répréhensibles en Suisse.

Traiter les autres en égaux, le secret des grands leaders

Source: Le Temps

L’individu qui ne s’intéresse pas à ses semblables est celui qui nuit le plus aux autres mais aussi celui qui rencontre le plus de difficultés dans l’existence.

Pour éviter de croiser ses collaborateurs, l’ancien patron de Merrill Lynch Stanley O’Neal empruntait un ascenseur privé qui le menait directement à son bureau du trente et unième étage. Les salariés avaient par ailleurs pour instruction de ne pas s’adresser à lui dans les couloirs et de passer au large s’ils venaient à le croiser.

L’attitude de Stanley O’Neal n’est pas un cas isolé. Elle se rencontre en effet assez fréquemment chez de nombreux cadres dirigeants. "Dans l’entreprise, plus nous montons, plus il est facile de croire que nous sommes importants, comme le suggère notre titre, ou doués, comme l’exige notre fonction", note Dale Carnegie dans son livre Comment trouver le leader en vous. Ces croyances conduisent de nombreux dirigeants à ne parler qu’à leurs "égaux" ou à ceux qui peuvent leur servir de marchepied dans leur carrière. Ce faisant, ils oublient que le réseau des meilleurs entrepreneurs et managers est diversifié. Le fondateur d’eBay, Pierre Omidyar, confie à cet égard ce qui suit: "La plupart de mes nouvelles idées viennent de ce que j’appelle une synthèse de contributions extérieures. Je valorise tout particulièrement les idées qui viennent d’endroits improbables. C’est peut-être un peu cliché, mais je préfère parler avec un employé du service courrier qu’avec un président-directeur-général.

S’il est responsable d’une certaine étroitesse d’esprit, le mépris affiché de certains dirigeants pour leurs subordonnés a surtout des répercussions visibles et un coût pour l’entreprise, comme l’explique le Dr Laurent Schmitt dans un essai instructif, Le Bal des ego (Ed. Odile Jacob). "Les individus au "moi" exacerbé causent des ravages insoupçonnés. Ils peuvent être la cause de troubles liés au stress, comme les douleurs gastriques, les maux de tête, les douleurs musculaires." Confrontés à ce mode relationnel, de nombreux salariés réduisent leurs efforts de travail et leur temps passé au bureau, et à terme se mettent en arrêt maladie pendant de longs mois.

Des chefs toxiques pour eux-mêmes

Mais il n’y a pas que pour leurs collaborateurs et leurs entreprises que ces chefs sont toxiques. De façon intéressante, les manifestations de dédain, d’ironie glacée et de condescendance desservent sur le long terme ceux-là même qui les adoptent. Comme le relève avec justesse le philosophe Alfred Adler, l’individu qui ne s’intéresse pas à ses semblables est celui qui nuit le plus aux autres mais aussi celui qui rencontre le plus de difficultés dans l’existence. Il n’est ainsi pas rare que les patrons hautains et narcissiques, qui nient leurs collaborateurs, suscitent des rancunes et des antipathies silencieuses qui finissent par les faire trébucher. "L’autorité est une réalité fluctuante, volatile et fragile, jamais acquise une fois pour toutes, souligne la journaliste Eve Ysern dans un article intitulé "Chef et salarié, une relation déséquilibrée et immature très française". Le chef démarre avec un certain capital mais, à chaque interaction avec son subordonné, son autorité est remise en cause. Elle peut en sortir renforcée, diminuée ou carrément inexistante."

A cet égard, une expérience menée par Alison Fragale, professeure à l’Université de Caroline du Nord, a démontré que les individus étaient sanctionnés lorsqu’ils tentaient d’exercer le pouvoir sans avoir de prestige, c’est-à-dire le respect et l’admiration de leur entourage. "On n’accepte pas que ceux qui n’ont pas mérité notre admiration nous disent quoi faire. Du coup, on les rejette", assure Adam Grant, auteur d’Osez sortir du rang! – Comment les esprits originaux changent le monde (Ed. De Boeck). A l’inverse, il est facile de mener les hommes lorsque ceux-ci éprouvent du respect.

Gagner en prestige et en influence

Comment gagner en prestige et en influence? Dans son best-seller L’ultime échelon: de la réussite à l’excellence. Comment les gens qui réussissent font pour atteindre des sommets encore plus élevés!, Marshall Goldsmith indique que "le tout premier talent des personnes d’influence est de considérer l’individu qu’elles ont en face d’elles comme le plus important du monde. C’est l’une des habiletés qu’ont acquises Bill Clinton et Oprah Winfrey pour devenir les meilleurs dans leur domaine", mais aussi Benjamin Disraeli, premier ministre de la reine Victoria, qui s’arrangeait toujours pour que les gens le quittent avec une idée plus haute d’eux-mêmes. Telle fut aussi l’origine de l’étonnante popularité de Theodore Roosevelt, adoré de ses domestiques. Son valet de chambre ira même jusqu’à écrire un livre intitulé Theodore Roosevelt, le héros de son valet.

Dans le même ordre d’idées, Dale Carnegie relève que pour susciter l’admiration et le respect, il suffit de "traiter les autres en égaux, comme des atouts de valeur, et non comme des pièces dans les rouages de l’entreprise. Rappeler au téléphone, se souvenir d’un nom, traiter quelqu’un avec respect, cela fait partie des choses importantes que fait un leader." Il cite l’exemple du roi de l’acier Andrew Carnegie qui se flattait "de connaître par cœur le prénom d’un grand nombre de ses ouvriers, et affirmait avec fierté que tant qu’il avait dirigé personnellement son entreprise, nulle grève n’était venue troubler ses usines", mais aussi celui de Franklin D. Roosevelt, qui n’hésita pas à engager un agent électoral capable d’appeler cinquante mille personnes par leur prénom. "La mémoire prodigieuse de James Farley contribua fortement à installer Franklin D. Roosevelt dans le fauteuil présidentiel", assure-t-il. Autrement dit, pour qu’une personne ait de vous une image de grandeur, vous avez tout à gagner à la grandir elle-même.

En définitive, "que ce soit face à une personne ou à une foule, tentez l’expérience suivante, conseille Robert Greene, auteur de L’art de la séduction (éd. Le Duc). Avant d’ouvrir la bouche, posez-vous la question suivante: que puis-je dire qui plaise à mes auditeurs?" Dale Carnegie ajoute quant à lui que "le principe le plus profond de la nature humaine, c’est la soif d’être apprécié. Cette soif est inextinguible et celui qui peut honnêtement l’étancher tient ses semblables entre ses mains."

A Genève, double échec pour les initiatives "anti-Maudet"

Source: RTS

undefinedA Genève, les deux initiatives visant à permettre la destitution d'un conseiller d'Etat ont largement échoué. Le texte visant la destitution de Pierre Maudet a récolté 1200 signatures, celui inscrivant le principe dans la Constitution 1100.
Roger Deneys, président du comité d'initiative, explique avoir reçu "des centaines d'enveloppes avec des signatures, jusqu'à aujourd'hui souvent signées par une ou deux personnes, prêtes à payer un franc pour renvoyer leurs signatures, "un fait quand même, remarquable", note l'ex-député.

"Mais, à l'exception du PS, nous n'avons pas reçu de signatures récoltées par les partis Verts et Solidarités sur les stands. Comme du côté du comité d'initiative, nous n'avions ni les moyens ni les disponibilités ni les forces pour monter nos propres stands de récolte, le résultat final est sans appel. Du côté du MCG et de l'UDC, le soutien n'était finalement pas non plus au rendez-vous malgré les grandes déclarations initiales."

"Le calendrier n'était certainement pas non plus le bon", relève le socialiste. " Alors qu'on espérait lancer les initiatives en janvier, nous les avons lancées fin avril... avant les votations de mai qui ont beaucoup mobilisé les partis (RFFA, CPEG)...mais les ont épuisé au niveau de l'énergie militante. Ensuite, les vacances d'été sont arrivées, sans stands ni rien.

Nouvel article constitutionnel

Intitulée "Non à la corruption et au mensonge, Oui à un pouvoir politique et judiciaire exemplaire", la première initiative demandait l'ajout d'un nouvel article dans la Constitution genevoise permettant la destitution de membres du Conseil d'Etat et des autorités judiciaires. Les initiants avaient jusqu'à jeudi pour récolter 7941 signatures valables.

La seconde, de rang législatif, aurait constitué la première mise en application de cette modification constitutionnelle. Intitulée "Le peuple demande le départ de Pierre Maudet", elle visait la destitution pure et simple du conseiller d'Etat PLR "en raison des graves atteintes qu'il a portées à la dignité de son mandat". Pour ce texte, il aurait fallu récolter 5294 signatures.

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